Troisième seul en scène pour Malo de La Tullaye, Le point (ou comment j’ai franchi le mur de Plank) invite à parcourir à rebours l’histoire de la vie dans une vraie/fausse conférence scientifique. À voir au Théâtre de Belleville jusqu’au 31 octobre.

Et si le point, du latin punctum (« piqure », « point ») mais aussi du participe passé du verbe pungere (« poindre ») permettait d’expliquer l’origine de notre galaxie si ce n’est de notre univers ? Voilà un postulat on-ne-peut plus simple. De là à dire s’il est scientifique, poétique ou un peu des deux, il faudra attendre la fin de la petite heure de conférence du comédien intronisé professeur.

Face à un grand tableau blanc, un étudiant d’une quarantaine d’années, sac à dos à l’épaule, avance. Une fois sorti sa boîte à fusain, il monte sur un escabeau et commence sa la démonstration. Sans l’aide de projection, de graphique, d’image, ce professeur à l’ancienne, place le Big Bang sur la grande surface blanche autour de laquelle nous graviterons. Sur ce support autant physique que spirituel, Malo de La Tullaye expose à l’oral et sur le papier, le développement de la vie de notre galaxie jusqu’à nos jours. Utile rappel mais quid du point dans cet enchaînement ? C’est à partir de là que tout commence : le point permettrait à l’humanité de faire une percée dans le Mur de Plank, ce mur qui nous empêche de dénouer le mystère qui a eu lieu juste après le Big Bang. Dès lors faisant feu de tout bois, Malo de La Tullaye cherche et convie toutes les définitions du mot « point ».

Le chercheur semble insatiable. Il se nourrit de géométrie, de physique, de linguistique mais aussi de métaphysique. Dans une transe autant hypnotique que semble-t-il logique, il met les spectateur.rice.s face à leur régime de croyance. Car à quoi assistons-nous au juste ? Une conférence scientifique un dimanche soir dans théâtre ou à une pièce qui se joue des codes de celle-ci ? Certes des éléments de l’exposé apparaissent absurdes, tout comme des actions (un peu trop) volontairement burlesques mais il n’empêche que ce développement est tellement habité par Malo de La Tullaye qu’il n’est pas facile de faire la part des choses. Et puis, après tout, un chercheur en science n’aurait-il pas le droit de faire de l’humour ?

Finalement sous ses allures de conférence scientifique délurée, Le point (ou comment j’ai franchi le mur de Plank) force les spectateur.rice.s à se questionner sur ce qu’il.elle.s sont venu.e.s chercher ce soir au théâtre : LA vérité ou un ensemble d’idées qui laisse chacun.e libre d’y trouver des échos avec les siennes propres.

Le point (ou comment j’ai franchi le mur de Plank)
Création et interprétation Malo de La Tullaye
Collaboration artistique et direction d’acteur Nicolas Vial
Création lumière et technique Eugénie Marcland

Au Théâtre de Belleville jusqu’au 31 octobre.