William Finnegan, journaliste et écrivain américain, nous montre avec Jours barbares une vie à contre-courant motivée par sa passion pour le surf. Son autobiographie a remporté le Prix Pulitzer 2016 et a été élue meilleur livre de l’année par le magazine America.

William Finnegan avait tout pour être heureux. Un bon métier, une petite amie, une situation stable. L’homme a passé son adolescence à Hawaï parmi les vagues légendaires du surf. C’est entre Hawaï et la Californie que William se construit à travers le surf qui est davantage un art de vivre qu’un sport. La décision de partir explorer le monde pour sa passion ne sera pas simple et l’amènera au-delà de ce qu’il aurait pu imaginer.

Californie : les premières vagues

« Quand j’étais petit, nous habitions très loin de la côte. Je n’allais pas à la plage. Comment, dans ces conditions, le surf a-t-il bien pu devenir le principal centre d’intérêt de mes jeunes années ? » C’est en Californie, par le biais d’amis, les Becket, que William fait la rencontre avec ses premières vagues à Newport et San Onofre, les spots les plus reconnus pour le surf. Quelques années plus tard, sa famille déménage à Woodland Hills, au Nord-Ouest de Los Angeles Country. Loin de l’océan, la sensation de glisse se fait toujours ressentir et le surf se transforme en skate : « Pour la plupart des gens de l’intérieur des terres, la route du surf passait par le skateboard. C’était assurément vrai à Woodland Hills. Nous avions tous un skateboard et nous transformions certaines rues à forte pente en skateparks. »

Entre William et le surf, un vrai lien se crée et le besoin de se confronter aux vagues se fait de plus en plus fort. Malgré la distance, 40 kilomètres, il trouve le moyen d’aller surfer régulièrement en apprivoisant les vagues et perfectionnant sa technique. Bientôt, il lui en faudra plus.

A la recherche de LA vague

« Je ne partageais pas la passion de mon père pour la voile, mais j’aimais l’eau et je voyais même en l’océan, depuis mon plus jeune âge, un moyen personnel d’échapper au dur labeur, aux corvées domestiques (…) J’ai échappé très jeune à ma famille, et le surf a été pour moi une route de l’évasion. Une excuse à mes absences. »

Poussé par son père à briller en classe et à épouser une carrière de journaliste, William entre dans les clous, mais reste tout de même profondément happé par l’océan et ce besoin d’évasion et de liberté, aussi pétrifiant que galvanisant. Dans ses jeunes années et à l’adolescence, il multiplie les séances en compagnie d’amis aussi passionnés que lui. Il ne vit que pour le surf, que pour cet échappatoire qui lui procure un sentiment de bien-être fou.

À 25 ans, il décide de sauter le pas et de se consacrer à sa passion en parcourant le monde à la recherche des meilleurs spots. C’est là que son aventure et sa quête commencent : « Partir ne fut pas facile. J’avais un job que j’aimais, une petite amie. Je travaillais dans les chemins de fer. J’étais serre-freins à la Southern Pacific depuis 1974, sur les trains de marchandises locaux de Watsonville à Salinas, et les grandes lignes entre San Francisco et Los Angeles (…) J’avais cinq mille dollars sur mon compte en banque, de loin la plus grosse somme que j’avais réussi à économiser. J’avais vingt-cinq ans et je n’avais jamais vu les mers du Sud. Il était temps pour moi d’entreprendre un sérieux voyage de surf, une chasse ouverte à la vague. »

Jours Barbares est une claque littéraire. Le récit puissant d’une vie où la seule limite est soi-même. William Finnegan a réussi à allier sa passion du surf et son métier de reporter. En parcourant les quatre coins du globe, il nous montre ce qu’est d’être libre et de croire en ses rêves. C’est un récit touchant et prenant où la famille, l’enfance et l’amitié ont une place clé. Une vie inspirante qui impose le respect et l’admiration.

« Jours Barbares »,  William Finnegan (traduit par Frank Reichert), éditions du sous-sol, 528 pages, 23,50 euros.