Vous aussi vous êtes perdu.e.s avec toutes les sorties récentes, tous les livres qu’on vous conseille et toutes les recommandations des libraires jusqu’à en oublier de lire des bandes dessinées ? Pas d’inquiétude, on a pensé à tout et on vous concocte des sélections de nos BD préférées !

Blanc Autour, Wilfrid Lupano & Stéphane Fert

Blanc Autour est une BD essentielle pour la conscience collective et le devoir de mémoire. En effet, elle est inspirée de faits réels qui se sont produits à Canterbury, dans le Connecticut, en 1832. A l’époque, cette partie des Etats-Unis était en avance sur son temps : les Noirs étaient libres 30 ans avant l’abolition de l’esclavage. Cependant, même libres, la discrimination persiste.

Madame Crandall est professeur dans une école de jeunes filles. Elle est respectée et appréciée dans le village.

Un jour, elle accueille Sarah, une fille noire, dans sa classe. Madame Crandall en est réjouie et ne voit pas de problème à l’arrivée de cette jeune fille dans son établissement. Dans son dos, les langues se délient. La population voit d’un mauvais œil cette exception. Pour eux, c’est le début de la fin de leurs privilèges. L’Amérique blanche reste hantée et traumatisée par l’histoire de Nat Turner : un esclave révolté à la tête d’un raid sanglant. Depuis, la population blanche vit dans la crainte de se faire trucider la nuit. Et le plus effrayant pour eux, c’est que Nat Turner savait lire et écrire. L’arrivée de Sarah a agité la population. Face à cette réaction qui la dépasse, Madame Crandall décide de réagir par l’offensive en ouvrant les portes de son établissement uniquement aux filles de couleurs âgées entre 9 et 17 ans. Les villageois ne comptent pas en rester là et sont bien décidés à faire changer notre maîtresse d’avis.

« Blanc Autour », Wilfrid Lupano et Stéphane Fert, Editions Dargaud, 144 pages, 19,99 euros.

Dessiner encore, Coco

Rescapée de l’attentat de Charlie Hebdo, la dessinatrice Coco revient dans Dessiner encore sur cet événement tragique qui marquera à tout jamais sa vie. Elle y raconte la perte de l’insouciance, la culpabilité et les “et si” qui ne cessent de la submerger.

C’est l’histoire intime de son 7 janvier 2015, ce moment où sous la menace des terroristes, elle doit taper le code d’entrée de la salle dans laquelle se tient la première conférence de rédaction du journal de l’année.

A l’heure où les attentats de janvier 2015 sont encore dans toutes les mémoires, Coco prend ses crayons pour y raconter les cinq années de dépression qui ont suivi, mais aussi son traumatisme et sa reconstruction. Elle a choisit le bleu pour chasser le rouge sang de l’attentat et chasser les deux fantômes noirs de cette terrible journée. 

Au fil des bulles, on la voit chuter, s’enfoncer, plonger, suffoquer dans une vague, et finalement remonter. Ses dessins, ses traits d’encre et aquarelle parlent pour elle et y dépeignent l’angoisse, envahie à tort par la honte. Grâce au dessin, aux moments heureux, aux souvenirs, elle revit et remonte à la surface. Coco se réfugie aussi dans les images colorées, les moments heureux qu’elle a vécus dans la rédaction, aux côtés de Tignous, Cabu, Honoré et les autres.

Les dessiner et les redessiner, est une manière pour elle de redonner vie à leurs dessins et à leur liberté. La dessinatrice livre un témoignage de lutte et de tentative de résilience, prête à se relever de l’horreur terroriste.

« Dessiner encore », Coco, Les Arènes BD, 352 pages, 28€

Un bébé si je peux, Marie Dubois

Marie n’arrive pas à avoir d’enfant. Son mari et elle font tous ce qu’ils peuvent pour qu’elle tombe enceinte, sans succès. Et elle se sent seule parce que personne ne semble comprendre ce qu’elle vit : « c’est dans ta tête », « il faut que tu arrêtes d’y penser et ça arrivera tout seul »… Difficile de continuer à avoir le moral avec les mois qui passent et ce type de jugements autour d’elle, surtout quand ce couple de trentenaires est entouré de parents…

Elle finit par découvrir que des ovaires polykistiques sont la cause de son infertilité, mais surtout que tout espoir d’être mère n’est pas perdu. Elle décide donc de se lancer dans une enquête, enrichie de son expérience personnelle, suivant ses tentatives de PMA et expliquant, avec humour et réalisme, les étapes que doivent affronter les femmes et les couples, la difficulté de ce qui est imposé aux corps des femmes qui s’infligent des traitements hormonaux sans garantie de résultats.

Le discours et le trait plein de bienveillance de Marie Dubois accompagnent les couples devant recourir aux différentes possibilités de PMA, mais aussi les entourages pour qu’ils comprennent quoi dire et comment écouter ces femmes qui mettent leur corps à rude épreuve pour devenir mères. Un témoignage riche et drôle qui apporte des réponses !

« Un bébé si je peux », Marie Dubois, Massot Editions / Revue XXI, 136 pages, 19€