Cet été, l’aquarium de Paris met l’accent sur le noble métier de pêcheur et sur la beauté du littoral français de métropole et d’outre-mer. Par le travail photographique de Frédéric Larrey et de Frédéric Briois, l’art contemporain côtoie jusqu’au 15 septembre, la lente danse des majestueux poissons.

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(c) Ludovic Ramet

Un lieu de médiation

Depuis sa rénovation il y a tout juste dix ans, l’aquarium du Trocadéro a pris le parti de défendre l’écosystème des fonds marins. Toutes les formes de communication sont bonnes pour soulever les consciences et alerter les esprits sur l’état catastrophique dans lequel nous plongeons notre planète. Menacés par le réchauffement climatique et par la pêche excessive, mers et océans sont questionnés. Bien que l’espace souterrain du musée où prennent place poissons, murènes, méduses et grands requins gris, soit sombre et que les installations subissent trop souvent les déboirs et l’irrespect des visiteurs (petits et grands), l’effort d’information doit être salué. Des dispositifs vidéos s’efforcent (parfois maladroitement) d’expliquer les problématiques du réchauffement climatique. Les algues et particules animales (zoo plancton) qui prolifèrent avec la hausse des températures déstabilisent l’harmonie des fonds marins et participent à l’extermination de pans entiers de la chaîne alimentaire. Il est urgent d’agir, tout le monde le sait.

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(c) Frédéric Larrey

L’art contemporain au service de la biodiversité

Cet été, trois dispositifs ont été pensés pour permettre au visiteur de poser un regard différent sur la mer. Une première exposition de Frédéric Briois revient sur la pêche. Métier aujourd’hui dévalué, il est pourtant porteur d’une véritable étique. Lorsqu’elle est faite consciencieusement, la pêche participe à la régulation des espèces et continue de nourrir les peuples. En fond, une installation de l’artiste Micha Laury plonge le spectateur dans une mer de méduses de latex coloré. Fasciné par les propriétés et par les mythes que cet étrange animal vieux de 650 millions d’années véhicule, il a suspendu ces immenses formes gélatineuses tout près des impressionnants requins.

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(c) Ludovic Ramet

Plus loin, l’exposition Littoral, déjà exposé l’année dernière pour célébrer les quarante ans du Conservatoire du littoral, propose une vingtaine de clichés de l’artiste Frédéric Larrey. L’Association lutte pour la conservation du littoral français, pour que les plages soient préservées et que les côtes soient protégées. Une lutte vitale à nos côtes.

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(c) Frédéric Larrey

Cette entrée de l’art contemporain dans des lieux touristiques aussi fréquentés que l’est l’aquarium de Paris, permet une accessibilité intelligente. Porteur de messages, l’art trouve ici toute l’importance de sa place. Une trace visuelle qui, il faut l’espérer, ne s’effacera pas de l’esprit des visiteurs. Le leitmotiv de l’urgence de préserver notre planète bleue peut paraître harassant tant il est répété. Nous nous en accommodons sans n’y faire plus vraiment attention, pourtant les faits sont graves. Il faut agir et vite.

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(c) Frédéric Larrey


Aquarium de Paris – Cinéaqua

Jusqu’au 15 septembre
5 Avenue Albert de Mun, 75016 Paris
Tarif : 20,50 € / Tarif réduit : 16 €

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