Samuel Brussell nous emmène à la découverte de la ville de Trieste, dans un récit-enquête sur les traces de la littérature qui hante ces rues. 

C’est en 2017 mais aussi en 1980 que commence cette histoire. Samuel Brussell, alors employé dans la Compagnie Internationale des Wagons-Lits, découvre Trieste pour la première fois. En 2017, cette ville se rappelle à lui quand il lit dans un journal que des lettres d’Anita Pittoni et Robert Balzen ont été retrouvées. S’en suit une enquête littéraire, de rencontre en rencontre, comme le dit l’auteur, de ceux qui font la renommée culturelle de Trieste.

Littéraire Trieste

Ce récit est un hommage à Trieste et à ses auteurs. Ville bouillonnante, repère pour les auteurs, acteurs, éditeurs, elle est marquée par les pas de ces personnages qui font son caractère et sa renommée. Samuel Brussell dans Alphabet Triestin donne ses lettres de noblesse à la ville. Il en parle comme un joyau peut-être méconnu et mal exploité.

« Trieste est le lieu de toutes les diasporas, où le choix entre l’exil et les racines, entre l’apaisement et la neurasthénie, n’existe plus. »

Il fait une étude riche et documentée de la ville. C’est autant une ôde qu’une liste exhaustive des personnalités qui ont vécu à Trieste. Il parle des cafés, où se retrouvent les voix modernes de la littérature, il nous parle des librairies de la ville, les plus anciennes, celles qui ont vu, Joyce, Pinotti, Svevo.

« La librairie Umberto Saba est aujourd’hui un antre sans clients mais où les visiteurs se pressent parce qu’elle abonde en souvenirs – parce qu’elle est devenue le souvenir incarné – et que l’homme a faim de souvenirs. »

Ce que tente de nous expliquer l’auteur, c’est que Trieste regorge de souvenirs littéraires qui pulvérisent les frontières italiennes, que son histoire a permis de déposer un peu de cette ville dans toute l’Europe. C’est un port d’attache, une voix dans la littéraire.

Poétesse et édition

Samuel Brussell est de retour à Trieste grâce à la poétesse Anita Pinotti. Lorsqu’elle décide de créer la maison d’édition « la Zibaldone », elle se tourne vers Robert Bazlen, qui sans vraiment désapprouver le projet tente de la décourager. De ces lettres naîtra quand même le projet de Pinotti. Elle veut faire de sa maison d’édition une grande voix pour la littérature de Trieste, qu’elle résonne en Italie comme en Europe.

« À travers le Zibaldone […] s’est instaurée entre Trieste et le reste de l’Italie une conversation vivante, vibrante d’amour, de sympathie, de participation, riche de spiritualité. »

L’auteur va chercher des archives, dans les librairies , dans les bibliothèques pour étayer ce récit. Dans ce livre, on trouve des bouts de lettres, des confidences du journal d’Anita Pinotti. Samuel Brussell a documenté le plus fidèlement cet alphabet.

Mais c’est aussi un bout de son histoire, que l’auteur nous fait découvrir…

« Alphabet triestin », Samuel Brussell, Editions La Baconnière, 140 pages, 19€