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La « pochothèque » mensuelle de la rédaction #31

22 septembre 2023, par Untitled Magazine

La fin de mois est difficile et vous ne pouvez pas vous offrir les livres de la dernière rentrée littéraire ? Pas d’inquiétude, la rédaction d’Untitled Magazine a pensé à vous et vous a concocté une sélection de livres à petit prix mais de grande qualité !

Blizzard, Marie Vingtras

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Premier roman puissant, Blizzard nous entraîne dans la recherche frénétique d'un petit garçon seul face aux éléments : une tempête en Alaska au coeur de laquelle tous et toutes refusent de s'aventurer. Pourtant, les quelques habitant.es de ce village reculé devront bien partir à sa recherche. Au fil des chapitres et des personnages, Marie Vingtras nous plonge dans l'histoire de chacun.e, dans leurs réflexions face à l'urgence de la situation et dans leurs rapports les un.es avec les autres.

De la jeune femme arrivée il y a peu au vieil homme venu passer sa retraite dans ce village reculé, c'est un panel d'histoires de vie et de perspectives que nous offre la primo-romancière. On se laisse entraîner à la suite de ces personnages qui luttent contre les éléments et nous livrent leur rapport à ce petit garçon et à son père - peur de l'étranger, importance des traditions, rapport à la famille et aux ami.es, la quasi-certitude de la mort dans ce blizzard force à une réflexion intense.

Un premier roman haletant qui se lit dans un souffle et qu'on ne peut refermer avant de découvrir ce qu'il est advenu du petit garçon - depuis son arrivée dans son village au moment où il a lâché la main de Bess pour se perdre dans la tempête.

Critique rédigée par Mathilde Ciulla

"Blizzard", Marie Vingtras, Editions Points, 192 pages, 7,50€

La pêche au petit brochet, Juhani Karila

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Elina revient dans sa Laponie natale avec un objectif très particulier : pêcher le seul brochet qu'il reste dans l'étang derrière la maison familiale. Et elle n'a que trois jours pour le faire, trois jours qui mettront sa volonté et son énergie à rude épreuve. En effet, une créature règne sur l'étang et refuse de la laisser pêcher ce brochet. La jeune femme va devoir faire preuve de malice, tout en mettant sa vie en jeu, et de solidarité avec les habitant.es de ce petit village reculé de Laponie orientale.

On ne sait pas bien pourquoi ce brochet compte tant pour Elina, ou même ce qui fait qu'elle n'a que trois jours pour le pêcher... Mais cela importe finalement peu et on suit avec plaisir et angoisse la jeune fille dans ses tentatives et ses pactes avec des formes surnaturelles locales pour réussir. Ce roman qui se découpe en parties suivant les quelques jours autour de la pêche de ce brochet est une plongée dans la mythologie scandinave - et lapone en particulier - d'une écriture sensible et proche de l'oral parfois, qui nous fait voyager aux côtés de l'enquêtrice de police qui poursuit Elina pour meurtre sans trop comprendre comment elle a débarqué dans ce village.

Trois jours et des alliances improbables avec des forces entre le monde humain et le monde animal, La pêche au petit brochet nous laisse essouflé.es et époustouflé.es !

Critique rédigée par Mathilde Ciulla

"La pêche au petit brochet", Juhani Karila (traduit par Claire Saint-Germain), Editions J'ai lu, 416 pages, 8,80€

After, Auriane Velten

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Dans une société post-apocalyptique, les individus sur les Terres d’après vivent en parfaite harmonie. Chacun est à sa place, avec ses missions, ils sont tous encouragé à partager leurs sentiments, les émotions et questions qui les traversent, pour savoir si cela correspond au Dogme. Mais dans cette société qui semble avoir tiré les leçons du passé, Cami se pose des questions. Qu’y a-t-il dans les terres renoncées ? D’où viennent-ils ? C’est à ce moment, qu’ « ile » se voit confier une mission avec Paule : fouiller ces terres renoncées.

Dans son roman de science fiction post-apocalyptique, Auriane Velten nous fait voyager dans les terres brulées d’une planète future. Sur les ruines d'un monde détruit, chacun vit sous le joug du Dogme qui tente d'effacer les différences entre eux, ainsi pour représenter cela, Auriane Velten utilise une écriture inclusive, et aucun protagoniste n'est genré.

Une société donc en partie idéale, mais ce qui leur manque c’est la mémoire qui a une durée limitée pour ces individus. Alors quand on propose à Cami de partir en mission archéologique, "ile" imagine pouvoir revenir sur les traces de leur civilisation, mais ce qu’ile va découvrir n’est pas sans conséquences.

Un roman page-turner qu'on termine avec la même envie de savoir que Cami. Auriane Velten fait un travail d’historienne de l’art et d’histoirienne tout court avec ce travail sur la mémoire et l’envie d’en savoir plus, toujours plus. 

Critique rédigée par Mathilde Jarrossay

"After", Auriane Velten, Folio Science Fiction, 288 pages, 9,20€

Le festin, Margaret Kennedy

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Cornouailles, 1947. Une multitude de personnages venus de tous horizons se retrouvent pour leur dernière semaine de vacances d’été dans l’hôtel de Pendizack. Entre ses murs, on y croise une vieille dame acariâtre, une mondaine et son gigolo, une riche couple dont le couple s’effondre, une aristocrate à la santé fragile, ainsi que de nombreux enfants. Autour d’eux, le personnel et les propriétaires de l’hôtel veillent au grain. 

L’hôtel, situé sous une abrupte falaise, est à deux doigts de s’écrouler, mais aucun des protagonistes ne le sait encore. Durant une semaine, les fissures de la falaise ne vont cesser de s’élargir, jusqu’au terrible accident. Sur les 23 pensionnaires de l’auberge, 7 décéderont en ce mois d’août 1947. Mais qui figurera sur la liste des victimes ?

Sous une plume ravageuse, Margaret Kenny fait cohabiter le microcosme de la société anglais d’après-guerre, pourtant destiné à ne jamais se rencontrer. Entre privtation, tickets de rationnement, mauvais souvenirs et marché noir, l’auteure signe une fable désenchantée où toutes les classes se cotoient. Le temps d’une semaine, les drames et les secrets de chacun s’ajoutent à des thèmes phares : le divorce, le mariage, l’incapacité à avoir des enfants ou encore la lutte des classes.

Critique rédigée par Marie Heckenbenner

"Le festin", Margaret Kennedy (traduit par Denise Van Moppes), Editions Folio, 576 pages, 9,70€

Rassemblez-vous en mon nom, Maya Angelou

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Après Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage, Rassemblez-vous en mon Nom est considéré comme étant le deuxième tome de l’autobiographie de Maya Angelou.Dans cet ouvrage, elle y retrace deux ans de son histoire mouvementée (de ses 19 à ses 21 ans) et nous raconte ce qui la mène à San Francisco. 

Dans cette ville où tout va beaucoup trop vite, cette jeune fille - mère d’un petit garçon, tente par tous les moyens de lui façonner un destin différent du sien. D’abord serveuse, puis cuisinière, apprentie tenancière de bordel à prostituée, Maya fait confiance, s’amourache du premier venu, apprend et se forge un destin. En quête éperdue d’amour, elle se laisse séduire, berner et cède souvent naïvement aux rêves que lui promettent les hommes qui croisent son chemin. Sa soif de reconnaissance et d’affection sont ses plus gros défauts auprès d’eux, qui n’hésitent pas à en tirer profit. 

Au fil des pages, on se prend rapidement d’affection pour cette jeune fille perdue mais déterminée, qui finit toujours pas apprendre de ses erreurs pour mieux rebondir.

Critique rédigée par Marie Heckenbenner

"Rassemblez-vous en nom nom", Maya Angelou (traduit par Christiane Besse), Editions Le Livre de poche, 256 pages, 8,40€

Sale temps pour les braves, Don Carpenter

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Premier roman, best seller et incontournable, Sale temps pour les braves de Don Carpenter raconte la vie difficile de Jack Levitt dans un Portland impitoyable.

Jack Levitt n’a pas eu la vie facile. Abandonné dès sa naissance pendant la Grande Dépression, il grandit en orphelinat avec un sentiment d’amertume qui le prend à la gorge. Impulsif et colérique, mais surtout, rêvant de liberté, il s’enfuit de son orphelinat à 17 ans pour tenter de mener sa propre vie. Mais l’argent manque et Jack n’a que sa débrouillardise, ses poings et sa rage pour se faire entendre.

De fil en aiguille, il va entrer dans des combines et s’allier avec certains malfrats dont Billy Lacing, un pro du billard. Ses petites magouilles durent un temps jusqu’à ce qu’il soit arrêté et tombe en maison de correction. Un coup terrible pour Jack, lui qui rêvait de liberté, qui se retrouve de nouveau enfermé et va faire l’expérience infâme de l’isolement. Ce passage en maison de correction ne va qu’affûter sa rage et son envie d’en découdre. C’est donc sans surprise qu’on le retrouve quelque temps plus tard en prison, et pour un long séjour. Incarcéré, il retrouve son camarade de billard, Billy Lacing, avec qui une amitié profonde se noue, agissant comme un déclic pour Jack où il s'assagit et souhaite se remettre dans le droit chemin. Seulement, sa mauvaise étoile ne le lâche pas et Jack n’a pas fini de souffrir.

C’est une fresque cruelle mais pourtant réaliste des Etats-Unis et de sa Grande Dépression où les laissés-pour-compte n’ont pas leur place et sont constamment rejetés. C’est un roman percutant et intense, mais aussi un roman touchant sur cette jeunesse oubliée, enragée et prête à jouer des coudes pour se faire une place dans cette société qui la rejette.

Critique rédigée par Laurence Lesager

"Sale temps pour les braves", Don Carpenter (traduit par Céline Leroy), Editions Cambourakis, 464 pages, 13,50€

Ils sont aussi en poche :

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