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La « pochothèque » mensuelle de la rédaction #19

29 septembre 2021, par Untitled Magazine

La fin de mois est difficile et vous ne pouvez pas vous offrir les livres de la dernière rentrée littéraire ? Pas d’inquiétude, la rédaction d’Untitled Magazine a pensé à vous et vous a concocté une sélection de livres à petit prix mais de grande qualité !

Etat de nature, Jean-Baptiste de Froment

Claude est la définition même du technocrate : sorti d'une grande école réservée à l'élite et en totale déconnexion avec la réalité de la vie de ses concitoyens, il compte bien s'accrocher au pouvoir duquel il a gravi les échelons au cours de sa carrière politique. Il se verrait bien remplacer la Présidente de la République, usée par le pouvoir. Cynisme, magouilles et manipulations sont le quotidien de celui qui a décoré son bureau d'écrans retransmettant en direct l'image de quatre cerisiers japonais, à l'autre bout de la Terre.

Et face à lui, Barbara, jeune préfète pleine d'énergie et de vision politique, bien décidée à rendre la vie des citoyens de la Douvre, petite région oubliée et calme, plus agréable. Mais la jeune femme dérange l'élite politique parisienne, qui voit dans sa popularité une menace pour son maintien au pouvoir et sa reproduction des élites. Et comme les services se rendent et se doivent, la clique autour de Claude s'arrange pour l'éloigner.

Quand les deux décident de se lancer dans la course à l'élection présidentielle, sur fond de révolte populaire et de loyautés en doute, c'est le pire de la politique qui se déroule sous nos yeux. Entre-soi, cynisme et orchestrations politiques sont les éléments clés de cette fable politique que nous raconte Jean-Baptiste de Froment.

"Etat de nature", Jean-Baptiste de Froment, Editions Points, 240 pages, 7,10€

Rue des pâquerettes, Mehdi Charef

Dans ce qui est le premier tome d’une trilogie sur son arrivée en France dans les années 1960 à la fin de la guerre d’Algérie et son installation avec sa famille dans un bidonville de Nanterre, Mehdi Charef raconte le quotidien d’un enfant qui essaye de s’adapter à cette nouvelle vie en France. Son père qui travaille sur des chantiers, son arrivée à l’école, alors qu’il a 10 ans, en classe de rattrapage avec d’autres enfants, le froid de Nanterre, le déracinement, le manque de ces femmes qui l’ont vu grandir à Maghnia, en Algérie. Et surtout l’avenir qu’on lui propose : un avenir sans perspective, sur les chantiers ou dans les usines, loin de la promesse de richesse faite à tous ces Algériens qui sont venus en France.

Mais malgré la difficulté d’un quotidien à cinq dans une baraque, où sa mère l’envoie faire les achats avec quelques centimes en main et où ils dépendent d’associations pour obtenir des habits, ce jeune garçon se prend de passion pour les livres, pour le cinéma, pour les images et les mots en général. Il aime aller à l’école, découvrir des nouveaux mots, leur sens et leur utilisation. Et petit à petit, il ne parvient plus à croire son père quand il lui dit qu’ils vont repartir en Algérie dans trois ans… Malgré la nostalgie d’une enfance algérienne et le besoin de s’intégrer à une société composée des colons qui les ont poursuivis et violentés, le souhaiterait-il vraiment ?

Dans son style poétique et réel, Mehdi Charef nous offre à nouveau un roman sur le déracinement et la force du langage comme issue.

"Rue des pâquerettes", Mehdi Charef, Editions Pocket, 208 pages, 6,50€

La dernière fois que j'ai vu Adèle, Astrid Eliard

Adèle, une jeune fille de 16 ans sans histoire, disparaît subitement. Sans mère, une psychiatre parisienne et divorcée depuis peu de temps, tente de reconstituer les derniers événements. Est-ce une fugue ? Une disparition ? Un enlèvement ? Rapidement, l’ex mari et les policiers sont prévenus. Au fil des heures, sa petite fille n’est toujours pas revenue, où peut-elle bien se trouver ?

Quelques jours plus tard, un attentat est perpétré au Forum des Halles tuant 25 personnes. Et si Adèle se trouvait parmi les victimes ? Déterminée, Marion scrute la presse, appelle les numéros verts, les ministères, les hôpitaux et décortique les réseaux sociaux sans relâche. Jusqu’au jour où, sur un cliché saisi par une caméra de surveillance, un visage familier apparaît. Elle reconnaît alors Adèle, vêtue d’un hijab. Sa fille est vivante, mais elle est soupçonnée de terrorisme et habite désormais en Syrie.

S’emparant d’un triste sujet d’actualité, Astrid Eliard signe un roman émouvant et percutant. Avec en toile de fond, ce joli portrait de femme(s), celui d’un mère, d’une épouse, d’une femme, elle interpelle. Avec l’histoire d’Adèle, la romancière interroge sur ces adolescents qui savent parfaitement cacher cette “deuxième vie”, tout en allant plus loin. Qu’est-ce qui les pousse à tout quitter - amis et famille - pour se rendre en Syrie ? Et face à ce phénomène, elle décrit avec brio la surprise et l’ébahissement des parents, désemparés devant leur enfant devenu complice d’attentats, parti vivre en Syrie.

"La dernière fois que j'ai vu Adèle", Astrid Eliard, Editions Folio, 240 pages, 7,50€

Contes de la folie ordinaire, Charles Bukowski

Dans ce recueil de 21 nouvelles paru en 1972, Bukowski nous dépeint une galerie de personnages tous plus obscènes les uns que les autres, mais attention, avec une sensibilité et un grand cœur ! Car là réside la patte de Bukowski : une écriture brutale, crue et directe qui nous parle à tous. Ces contes de la folie ordinaire reflètent la déchéance des hommes - en miroir avec celle de l’auteur - alcool, débauche, jeux et misère. L’auteur, par ses personnages, se joue des codes et fait preuve d’autodérision. Dans Le jour où nous avons parlé de James Thurber, le lecteur découvre une biographie romancée du quotidien de Bukowski, ou plutôt celle de son alter ego littéraire, Hank : “André ? - Non, Charles Bukowski. On m’appelle Hank. - André, c’est une blague ! - Ouais, toute ma vie est une blague.”

Dans La politique est l’art d’enculer les mouches, il répond à la question de M.K de manière virulente et sans filtre. L’occasion pour lui de crier le fond de sa pensée sur la politique des Etats-Unis et sur les affaires internationales. L'écriture a permis à Bukowski de s'exprimer et de s'épanouir. Il a distillé de sa personnalité au fil de ses textes et nouvelles où sa colère, ses frustrations et ses mœurs ont pris vie par ses personnages.

C’est une folie ordinaire que Bukowski nous narre, sans la surjouer, la dramatiser ou l’enjoliver. Une folie féroce, dérangeante et honteuse où le trash et la débauche sont considérés comme un mantra.

"Contes de la folie ordinaire", Charles Bukowski, Editions Livre de Poche, 256 pages, 6,90 euros

Or, Auour Ava Olafsdottir

Jonas Ebeneser, la cinquantaine, voit sa vie voler en éclat, personnage solitaire et épleuré. Sa femme l'a quitté, sa fille est maintenant une adulte et sa mère âgée perd l'esprit. Perdu entre ces trois femmes qui font son malheur et son bonheur, Jonas tente de subvenir à ses besoins grâce à ses talents de bricolage. Il rafistole. Il tente tant bien que mal de survivre à ces épreuves, mais pour lui la vie n'a plus grand intérêt, alors Jonas décide d'en finir. Il met en ordre et ses affaires, puis part vers l'Est afin d'en finir...

Ör nous raconte la trajectoire d'un homme perdu. Ce que Jonas cherche tant à rafistoler, n'est-ce pas sa propre vie ? Ce voyage vers la fin, vers l'irréparable se transforme en quête pour Jonas. Au gré des rencontres et des besoins des autres, il va retrouver un peu de lui-même. C'est un état des lieux de son existence que fait le protagoniste.

L'auteure rend hommage tant aux trajectoires brisées qu'à la nature dans ce roman très imagé. Le narrateur parcoutt la terre islandaise posant des questions sur la faune et la flore de son pays natal. C'est à la fois un roman sur l'identité mais aussi un roman profondément écologique. Avec tendresse, l'auteure dresse le portrait d'un homme qui tente de revivre, ou de survivre comme la nature actuellement.

"Or", Auour Ava Olafsdottir, traduit de l'islandais par Catherine Eyjolfsson, Edition Zulma, 208 pages, 9,95 euros

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