La troupe des 3 Mousquetaires, l’une des comédies musicales les plus attendues de la rentrée, a investi le Palais des Sports de Paris jusqu’au 1er janvier 2017. Nous étions présents à l’une des premières représentations de ce show étonnant.

Après le succès de la comédie musicale Robin des Bois avec M Pokora dans le rôle-titre, les producteurs Nicole et Gilbert Coullier, Roberto Ciurleo et Eleonore de Galard décident de monter un tout nouveau spectacle adapté d’un roman cette fois-ci bien français : Les Trois Mousquetaires, d’Alexandre Dumas. Aventures, chorégraphies à l’épée, histoires d’amour et personnages cultes (Milady, Richelieu, D’Artagnan)… Autant d’éléments qui feront le sel d’une comédie musicale à succès. Mais que vaut réellement ce nouveau spectacle ?

Une réécriture moderne et décalée

L’intrigue du roman Les Trois Mousquetaires se déroule dans la France du XVIIe siècle, sous le règne de Louis XIII (Stéphane Métro) et la gouvernance du cardinal de Richelieu (Christophe Héraut). Le jeune gascon D’Artagnan (Olivier Dion) décide de se rendre à Paris dans l’espoir d’intégrer la compagnie des Mousquetaires du Roi. Il fait alors la connaissance de ceux qui deviendront ses trois fidèles compères : Aramis (Damien Sargue), Porthos (David Bàn) et Athos (Brahim Zaibat).

Très vite, on comprend qu’il faudra se faire à l’idée que dans cette nouvelle adaptation,  les gardes du cardinal de Richelieu portent des gilets pare-balles, que Louis XIII emprunte des airs au personnage sanguinaire de Kratos dans le jeu-vidéo God of War et que les mousquetaires font du break-dance torse nu. Adaptation résolument moderne du roman de Dumas, le spectacle accumule les anachronismes et revisite l’histoire, en s’éloignant des complexités du récit d’origine mais aussi, de sa profondeur. Totalement lissé, le scénario manque donc un peu de souffle et surtout d’émotions. Le livret, signé pourtant par les auteurs des Dix Commandements, Lionel Florence et Patrice Guirao, paraît légèrement bâclé et ne présente finalement qu’une suite de tubes taillés pour les radios. La psychologie des personnages n’est pas étoffée, et le dénouement totalement expédié laisse le spectateur sur sa faim.

Des décors et chorégraphies de qualité

Vraiment, ce n’est donc pas pour retrouver l’esprit du roman de Dumas que l’on va applaudir Les 3 Mousquetaires, mais bien pour en prendre plein les yeux. Mis à part les costumes, d’un anachronisme trop offensant, le spectacle des 3 Mousquetaires relève le pari d’émerveiller petits et grands.

Un émerveillement qui tient tout d’abord aux décors, travaillés par l’un des scénographes du Cirque du Soleil, Stéphane Roy. Tantôt sobres, tantôt baroques, les jeux de lumières sont à l’honneur et l’on notera l’excellent tableau qui se déroule en mer, avec l’idée simple et brillante d’utiliser des draps pour évoquer les vagues.

Les chorégraphies de Yaman Okur sont inventives et maîtrisées, à l’image de ce superbe combat à l’épée qui scellera l’amitié entre nos quatre mousquetaires, ou bien ce tableau où les danseuses font de la pole-dance sur des mâts de bateaux.

© Cyril Moreau / Bestimage
© Cyril Moreau / Bestimage

De brillants interprètes

Enfin, le troisième et principal atout de ce spectacle reste ses interprètes. Impeccables et généreux, tous ont travaillé dur pour livrer un show de qualité. Mention spéciale à Olivier Dion, un D’Artagnan charmeur et attachant, qui chante et danse à la perfection. Mais aussi à David Bàn, plutôt crédible en Porthos, et bon comédien. La voix de Victoria Petrosillo qui incarne la reine Anne D’Autriche est toujours aussi puissante et intense, tandis que le jeune danseur Golan Yosef réussit haut la main le défi qu’il s’était lancé : chanter sur scène en incarnant le Duc De Buckingham.

Enfin, la sublime Emji aurait mérité une mise en avant plus soignée et de meilleurs titres. Très manichéens, ses tableaux infernaux n’ont rien à envier aux scénographies de Mylène Farmer mais laissent de côté tout ce qui fait la saveur du personnage de Milady : son pouvoir de séduction et son passé torturé.

Parmi les meilleurs moments du show, on soulignera le bonheur d’entendre (enfin) un titre en acoustique, J’ai besoin d’amour comme tout le monde, très bien interprété par Damien Sargue, avec David Bàn à la guitare.

 Une conclusion en demi-teinte

Grâce à une mise en scène réussie, de beaux décors et des interprètes très talentueux, on passe devant Les 3 Mousquetaires un très bon moment, qui aurait sans doute été bien meilleur si le livret avait été plus travaillé, et les personnages mieux exploités.

Pour une jolie sortie en famille, prenez vos places pour le Palais des Sports ou la tournée qui démarrera en France à partir du 4 février 2017.

Pour les fans d’Histoire et d’Alexandre Dumas, nous vous conseillons l’excellent film de George Sidney avec Gene Kelly en D’Artagnan et Vincent Price en Cardinal de Richelieu, juste et intemporel.