La chanteuse de pop française Sophie Maurin était sur la scène de la Ferronnerie à Paris pour présenter ses nouveaux titres lors d’un concert sur le thème du voyage.

Il y a plusieurs semaines nous vous parlions de Sophie Maurin et de ses chansons pop et classieuses, alors qu’elle s’apprêtait à démarrer sa tournée d’automne en attendant la sortie de son deuxième album. Nous étions présents le 25 novembre à La Ferronnerie à Paris pour l’une de ses représentations.

La Ferronnerie est un lieu atypique situé dans le 12e arrondissement de Paris, géré par l’association CLAJE. La programmation y est très éclectique : concerts, soirées open mic, conférences d’art, projections de films, ciné-concerts… C’est dans cette salle d’une jauge de 60 à 100 personnes, dans une ambiance assez intimiste, que Sophie Maurin a démarré son concert sur les notes de Kamtchatka.

Une formule seule en scène

Auparavant, la chanteuse et pianiste était accompagnée d’un violoncelliste et d’un percussionniste en live, pour conserver les sonorités acoustiques que l’on retrouvait sur son premier album éponyme. Désormais, les sons électro ont donné aux nouvelles chansons de Sophie Maurin une autre couleur qu’elle reproduit seule, avec ses claviers et quelques machines étranges et colorées, qui lui jouent parfois des tours.

Mais même si elle a encore besoin de quelques rodages, cette formule fonctionne parfaitement. Debout face à nous, Sophie Maurin chante, raconte, s’amuse et fait courir ses mains sur son clavier avec maitrise et énergie.

Sophie Maurin à la Ferronnerie, (c) Manon Raineri
Sophie Maurin à la Ferronnerie, (c) Manon Raineri

Entre maitrise et émotion

Après Kamtchatka, la ballade Nénuphar surprend en début de set. L’artiste a souhaité montrer dès les deux premières chansons l’étendue de son univers, entre ritournelles pop enjouées et mélodies chargées d’émotions. Le tout sur des textes particulièrement ciselés, entonnés avec ce phrasé si particulier qui les font sonner à la perfection. On pourrait citer Les Corps Elémentaires, un texte du poète roumain Ghérasim Luca que Sophie a eu la bonne idée de mettre en musique comme elle l’avait fait pour Cortège de Jacques Prévert sur son premier album. Mais aussi Chanson sans A, exercice de style en hommage à Georges Pérec écrite par le parolier Tristan Leroy et brillamment interprétée.

Car Sophie Maurin est une artiste de haut vol. On sent transparaitre un perfectionnisme et une exigence folle, beaucoup de travail et en même temps une vraie sincérité qui la fait parfois vaciller pour en être que plus touchante. Par exemple sur l’émouvante Poisson d’Or, écrite en hommage à son grand-père aventurier et explorateur d’épaves dans la Mer rouge. Autre titre remarquable, Sable raconte l’histoire d’amour entre un grain de sable et une goutte d’eau avec une sensibilité délicieuse et une partition de piano virevoltante qui nous emporte ailleurs…

Sophie Maurin, (c) Yucca
Sophie Maurin, (c) Yucca

Un leitmotiv : le voyage

L’ailleurs, le voyage, c’est d’ailleurs le leitmotiv de ce nouveau spectacle. Entourée de grands éventails, Sophie porte un kimono et nous emmène tour à tour en Russie avec Kamtchatka, au Japon avec Origami, mais aussi à Bucarest, Bogota ou près du détroit de Magellan. Certains endroits où elle a écrit et composé ses nouveaux titres, elle qui vit depuis plus d’un an entre la France et l’Australie. Le digne descendant de son tube Far Away – qu’elle avait réenregistré avec Jamie Cullum – s’appelle d’ailleurs Longitudes. C’est sur ce titre diablement efficace et jubilatoire que se clôt son concert.

Pas de rappel malheureusement, alors qu’on aurait bien aimé réentendre quelques titres du premier album comme Ciseaux ou Je suis des Autres. Sophie Maurin a le sourire aux lèvres lorsqu’elle quitte la scène et nous aussi, pressés toutefois de pouvoir retrouver ces nouvelles chansons sur son second album, toujours en préparation.

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