Notre sélection des films à voir cette semaine du 4 janvier

Comme chaque semaine, nous revenons sur le meilleur des sorties cinéma de la semaine. Au programme ce 4 janvier : le nouveau Tom Ford, du fantastique en chanteur, du documentaire animalier et de l’anti-biographie sur le grand écrivain Neruda

« Neruda », réalisé par Pablo Larrain

1948, la Guerre Froide s’est propagée jusqu’au Chili. Au Congrès, le sénateur Pablo Neruda critique ouvertement le gouvernement. Le président Videla demande alors sa destitution et confie au redoutable inspecteur Óscar Peluchonneau le soin de procéder à l’arrestation du poète. Neruda et son épouse, la peintre Delia del Carril, échouent à quitter le pays et sont alors dans l’obligation de se cacher. Il joue avec l’inspecteur, laisse volontairement des indices pour rendre cette traque encore plus dangereuse et plus intime. Dans ce jeu du chat et de la souris, Neruda voit l’occasion de se réinventer et de devenir à la fois un symbole pour la liberté et une légende littéraire.

Avec NerudaPablo Larrain se détache des faits qui ont constitué la vie du grand écrivain chilien pour mieux s’attacher à l’impression qu’il a laissé dans l’imaginaire collectif de son pays. Un chassé-croisé imaginatif, qui mêle, aux trucages d’une image reflétant une imagination débordant la réalité, le foisonnement d’une narration sur les traces d’un esprit tortueux. Un film mystique et percutant, qui sans cesse renvoie le spectateur au caractère insaisissable de l’écrivain, dérobé toujours aux mains de celui qui souhaiterait l’enfermer dans une représentation aux limites claires.

« Nocturnal Animals », réalisé par Tom Ford

Susan Morrow, une galeriste d’art de Los Angeles, s’ennuie dans l’opulence de son existence, délaissée par son riche mari Hutton. Alors que ce dernier s’absente, encore une fois, en voyage d’affaires, Susan reçoit un colis inattendu : un manuscrit signé de son ex-mari Edward Sheffield dont elle est sans nouvelles depuis des années. Une note l’accompagne, enjoignant la jeune femme à le lire puis à le contacter lors de son passage en ville. Seule dans sa maison vide, elle entame la lecture de l’oeuvre qui lui est dédicacée…

Attendu depuis bien longtemps, la seconde réalisation de Tom Ford ne déçoit pas. En signant un film de l’angoisse, tendu par une réalisation formellement superbe -photographie et bande-son impeccables-, il renvoie le spectateur au vide d’une existence fragile à travers les incroyables allers-retours qu’il tisse entre réalité et fiction. Nerveux, angoissant, magnifique et intelligent, Nocturnal Animals confirme le talent incroyable de son réalisateur.

« La vallée des Loups », réalisé par Jean-Michel Bertrand

Jean-Michel Bertrand est fou de nature. Et plus particulièrement, fou de loups. Ce grand rêveur passionné va bousculer toutes les barrières pour toucher au but presque impossible qu’il s’est fixé : rencontrer des loups sauvages dans leur milieu naturel. En marchant dans leurs pas, en les suivant au fil des saisons, en bivouaquant près d’eux, dans les vallées escarpées et secrètes d’un massif français, il finit, en trois ans d’effort, par faire accepter sa présence à la meute. Une intimité se crée entre ces êtres vivants que tout n’oppose finalement pas…

La vallée des loups est une plongée incroyable au coeur du vivant, sans sensationnalisme lisse, débarrassée d’une facilité qui n’existe pas lorsqu’il s’agit d’entrer au contact du monde sauvage : Jean-Michel Bertrand réveille le respect et l’émerveillement qui devraient être, toujours, les guides de toute relation entre êtres vivants.

« Quelques minutes après minuit », réalisé par J.A. Bayona

Conor a de plus en plus de difficultés à faire face à la maladie de sa mère, à l’intimidation de ses camarades et à la fermeté de sa grand-mère. Chaque nuit, pour fuir son quotidien, il s’échappe dans un monde imaginaire peuplé de créatures extraordinaires. Mais c’est pourtant là qu’il va apprendre le courage, la valeur du chagrin et surtout affronter la vérité…

Quelques minutes après minuit est un concentré de magie. Ce genre de magie qui ravit autant qu’elle terrifie, qui germe sur un terreau métaphorique et qui déploie une philosophie de l’humain bouleversante. Bayona réalise un très beau film sur la perte, l’amour et l’enfance. Attention, petite larmichette garantie.

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