« Les Fleurs Bleues », réalisé par Andrzej Wajda

Dans la Pologne d’après-guerre, le célèbre peintre Władysław Strzemiński, figure majeure de l’avant-garde, enseigne à l’École Nationale des Beaux Arts de Łódź. Il est considéré par ses étudiants comme le grand maître de la peinture moderne mais les autorités communistes ne partagent pas cet avis. Car, contrairement à la plupart des autres artistes, Strzemiński ne veut pas se conformer aux exigences du Parti et notamment à l’esthétique du « réalisme socialiste ». Expulsé de l’université, rayé du syndicat des artistes, il subit, malgré le soutien de ses étudiants, l’acharnement des autorités qui veulent le faire disparaître et détruire toutes ses œuvres.

Quand Wajda filme la résistance douloureuse et l’agonie d’un artiste face à un régime qui l’étouffe, il fait des merveilles. Les Fleurs Bleues est un chef-d’oeuvre magnifique, qui mêle avec brio la vie privée et publique d’un homme au travers duquel art et politique se rencontrent.

« Fences », réalisé par Denzel Washington

L’histoire d’une famille où chacun lutte pour exister et être fidèle à ses rêves, dans une Amérique en pleine évolution. Troy Maxson aspirait à devenir sportif professionnel mais il a dû renoncer et se résigner à devenir employé municipal pour faire vivre sa femme et son fils. Son rêve déchu continue à le ronger de l’intérieur et l’équilibre fragile de sa famille va être mis en péril par un choix lourd de conséquences…

Tiré d’une pièce de théâtre d’August Wilson, Fences est un petit régal réalisé par Denzel Washington, dans lequel il partage l’affiche avec l’exceptionnelle Viola Davis. Un drame magnifiquement adapté au septième art qui mérite amplement sa nomination aux Oscars… et plus peut-être. Le cocktail est parfait. Les acteur sont talentueux, le scénario est envoutant et d’actualité. L’histoire dégage beaucoup de puissance et la réalisation, plutôt réussie par DenzelWashington, passe clairement au second plan.

« Certaines Femmes », réalisé par Kelly Recihardt

Quatre femmes font face aux circonstances et aux challenges de leurs vies respectives dans une petite ville du Montana, chacune s’efforçant à sa façon de s’accomplir.

Kelly Reichardt est la meilleure lorsqu’il s’agit de faire surgir d’une succession de non-évènements la tension existentielle de vies qui se tendent face à l’échec du rêve américain. En filmant ces trois femmes, la réalisatrice peut ennuyer avec sa réalisation très monocorde, mais se rattrape expressément grâce à la puissance de ses personnages : de l’amoureuse à cheval à la travailleuse sociale, ces portraits touchent juste.

« Lion », réalisé par Garth Davis

A 5 ans, Saroo se retrouve seul dans un train traversant l’Inde qui l’emmène malgré lui à des milliers de kilomètres de sa famille. Perdu, le petit garçon doit apprendre à survivre seul dans l’immense ville de Calcutta. Après des mois d’errance, il est recueilli dans un orphelinat et adopté par un couple d’Australiens. 25 ans plus tard, Saroo est devenu un véritable Australien, mais il pense toujours à sa famille en Inde. Armé de quelques rares souvenirs et d’une inébranlable détermination, il commence à parcourir des photos satellites sur Google Earth, dans l’espoir de reconnaître son village.

Tiré d’une histoire vraie, ce mélodrame a tout ce qu’il y a de plus classique. Si la fin est attendue, cet élément n’empêche pas le film de prendre à la gorge son spectateur, ballotté entre les regards, les étreintes et les paroles d’amour échangées entre les personnages. Du malheur, de la violence et du déchirement à la joie extatique, le pantone des émotions n’a rien de faux dans cette réalisation simple mais efficace.

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