Au programme des films à voir cette semaine du 1er février : deux biopics, l’un sur Jackie Kennedy et l’autre sur les Stooges, et quatre drames en provenance de Corée, des Philipinnes, d’Israël et des Etats-Unis (indice, celui-ci a été nommé 6 fois aux Golden Globes). Ca va pas être l’éclate au cinéma cette semaine, mais on va s’en prendre plein les mirettes.

« Jackie », réalisé par Pablo Larrain

22 Novembre 1963 : John F. Kennedy, 35ème président des États-Unis, vient d’être assassiné à Dallas. Confrontée à la violence de son deuil, sa veuve, Jacqueline Bouvier Kennedy, First Lady admirée pour son élégance et sa culture, tente d’en surmonter le traumatisme, décidée à mettre en lumière l’héritage politique du président et à célébrer l’homme qu’il fut.

Le film a grandement divisé la rédaction. Pour ne pas être trop médisants, on va retenir l’effort qu’a fourni Pablo Larrain pour filmer les traits de cette femme intrinsèquement liée à son mari et à son image publique, qu’elle s’efforcera de conserver intacte même après la mort de ce dernier. Et la prouesse avec laquelle le réalisateur est parvenu à faire du vide -de Jackie, de sa vie- la substance première de son film.

https://youtu.be/g9pW3B8Ycc4

« Gimme Danger », réalisé par Jim Jarmusch

Apparu pour la première fois à Ann Arbor, Michigan, au cours d’une révolution contre-culturelle, le style de rock’n’roll puissant et agressif des Stooges a fait l’effet d’une bombe dans le paysage musical de la fin des années 60. Soufflant le public avec un mélange de rock, de blues, de R&B et de free jazz, le groupe au sein duquel débute Iggy Pop posa les fondations de ce que l’on appellerait plus tard le punk et le rock alternatif. Gimme Danger retrace l’épopée des Stooges, l’un des plus grands groupes de rock de tous les temps.

Ca zing, ça swingue, ça boum, ça fizz… On retrouve Jim Jarmusch aux commandes d’un documentaire explosif, qui contraste bien joliment avec la contemplation poétique de son dernier, Paterson. Pourtant, ce n’est pas la réalisation -assez classique- qui insuffle ce vent de rock’n’roll, mais la sélection parfaitement mesurée et crue du réalisateur entre témoignages et concerts haletants. Aux premières loges de l’avant-garde, on plonge avec délectation dans cette déclaration d’amour à ciel ouvert…

https://youtu.be/ruqmemgLc2E

« Inertia », réalisé par Idan Haguel

Un matin, Mira remarque que son mari n’est plus là. Elle organise des recherches, mais commence peu à peu à s’adapter à la situation. Les problèmes commencent quand elle se rend compte qu’elle est beaucoup mieux sans lui.

Après Elite Zexer et son très beau Tempête de sable, le cinéma israëlien n’a pas fini de faire vibrer le coeur des cinéphiles. Totalement étonnant, très ingénieux et d’une originalité folle, Inertia séduit par son absurdité assumée.

https://youtu.be/EzlF8z-Ix9k

« Moonlight », réalisé par Barry Jenkins

Après avoir grandi dans un quartier difficile de Miami, Chiron, un jeune homme tente de trouver sa place dans le monde. Moonlight évoque son parcours, de l’enfance à l’âge adulte.

On vous prévient, Moonlight est très très loin d’être parfait. Trop poseur, parfois assez superficiel, Barry Jenkins passe souvent à côté d’instants qui finissent par se noyer dans la mare. Pourtant, le film ouvre des brèches : sous une lumière magnifique, le réalisateur raconte avec grâce les fragilités, les attentes et la maturation d’un jeune homme pas comme les autres. Et, parfois, au détour d’un regard, le coeur se serre.

https://youtu.be/9NJj12tJzqc

« Yourself and yours », réalisé par Sang-soo Hong

Le peintre Youngsoo apprend que sa petite amie Minjung a bu un verre avec un homme et s’est battue avec lui. Le couple se dispute et Minjung s’en va, déclarant qu’il est préférable qu’ils ne se voient plus pendant un certain temps. Le lendemain, Youngsoo part à sa recherche, en vain. Pendant ce temps, Minjung (ou des femmes qui lui ressemblent) rencontre d’autres hommes…

Entre Man On High Heels, Dernier Train pour Busan et The Strangers, impossible de nous contredire quand on vous clame la qualité du cinéma sud-coréen. Avec le nouveau Sang-soo Hong (Un jour avec un jour sans, In Another Country), il est temps d’en rajouter une couche. Ne vous laissez pas tromper par la simplicité de ce film tout en modestie, vous pourriez vite être rattrapés par la puissance de sa profondeur et de son imaginaire sensible.

https://youtu.be/2vL_5Q_uALQ

« La femme qui est partie », réalisé par Lav Diaz

Horacia sort de prison, trente ans après avoir été injustement incarcérée. Elle a deux raisons de vivre: se venger de l’homme qui l’a fait condamner et retrouver son fils.

Dans le secret d’une caméra qui tourne en noir et blanc, on suit en catimini ce personnage de femme courageuse, qui réapprend doucement, difficilement, à vivre. Très beau, émouvant et fondamentalement humain, La femme qui est partie touche en plein coeur.

https://youtu.be/Tj3OeZTXGNM

SHARE
Rédactrice en chef de la section cinéma - Amoureuse de grands espaces, de cinéma et de littérature, je parle beaucoup mais je parle culture !