Comme chaque semaine, nous vous proposons notre sélection des films à voir au cinéma. Au programme donc, pour ce 11 janvier : Du thriller psychologique, du récit initiatique et du biopic sur Chet Baker.

« The Fits », réalisé par Anna Rose Halmer

Toni, 11 ans, s’entraîne dans la salle de boxe de son grand frère. Elle découvre qu’à l’étage au dessus, un groupe de filles apprennent une variante très physique du hip hop, le drill. Attirée par leur énergie, leur force, leur assurance, Toni abandonne peu à peu la boxe pour la danse…

Premier film pour Anna Rose Halmer, première réussite. The Fits est sombre, alambiqué parfois mais la réalisatrice filme avec une poésie fabuleuse le difficile passage à l’adolescence de jeunes filles qui n’en veulent pas. Le corps répond aux tracas de l’esprit, entre maîtrise de soi et perte de contrôle nécessaire, dans un mélange de sensation qui étourdit par sa beauté.

« Born to be blue », réalisé par Robert Budreau

Afin de lui rendre hommage, un producteur de Hollywood propose à Chet Baker, le légendaire trompettiste de jazz des années 1960, de tenir le premier rôle dans un long métrage consacré à sa vie. Pendant le tournage, Chet tombe éperdument amoureux de Jane, sa partenaire afro-américaine. Malheureusement, la production est arrêtée le jour où, sur un parking, Chet est passé à tabac. Anéanti, les mâchoires fracassées, l’artiste se replie sur lui-même, et son passé ravive ses démons. Jane réussit néanmoins à le convaincre d’aller de l’avant, de rester sobre et, grâce à la musique, de regagner la reconnaissance de ses pairs.

On zappe les clichés du musicos shooté à l’héroïne pour se concentrer sur la personnalité complexe du mythique trompettiste, toujours tendue entre confiance en soi et timidité, sensibilité et grandiose. Ethan Hawke interprète brillamment cet artiste sur le fil, lui offrant un hommage aussi émouvant que juste, grâce à une narration qui refuse la facilité.

« Harmonium », réalisé par Koji Fukada

Dans une discrète banlieue japonaise, Toshio et sa femme Akié mènent une vie en apparence paisible avec leur fille. Un matin, un ancien ami de Toshio se présente à son atelier, après une décennie en prison. A la surprise d’Akié, Toshio lui offre emploi et logis. Peu à peu, ce dernier s’immisce dans la vie familiale, apprend l’harmonium à la fillette, et se rapproche doucement d’Akié.

Koji Fukada signe avec Harmonium un thriller psychologique d’une qualité exceptionnelle, dont la construction brillante permet de tisser une tension permanente. La narration lève le voile sur l’origine du vice de chacun de ses personnages, au sein d’une atmosphère qui s’en imprègne doucement. Glaçant et brillant.

« La mécanique de l’ombre », réalisé par Thomas Kruithof

Deux ans après un burn-out, Duval est toujours au chômage. Contacté par un homme d’affaire énigmatique, il se voit proposer un travail simple et bien rémunéré : retranscrire des écoutes téléphoniques. Aux abois financièrement, Duval accepte sans s’interroger sur la finalité de l’organisation qui l’emploie. Précipité au cœur d’un complot politique, il doit affronter la mécanique brutale du monde souterrain des services secrets.

Pour son premier film le réalisateur Thomas Kruithof signe un polar efficace et épuré tout en parvenant à élargir son propos. A travers La mécanique de l’ombre, il pose cette question aussi simple que dramatique. Jusqu’où devons-nous obéir ?

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