Alors qu’elle s’est fait connaître en France avec son roman intitulé Miniaturistes, l’auteure britannique Jessie Burton signe un magnifique roman d’apprentissage avec en son sein pas une, mais deux histoires passionnantes. A dévorer jusqu’à la fin !

Londres, 1980. Tandis que Constance, écrivaine, s’apprête à vivre l’adaptation de son dernier roman au cinéma, elle fait la connaissance d’Elise. Une jeune femme pétillante, qui ne tardera pas à la suivre dans cette aventure rocambolesque qui les mène à Los Angeles. 

En parallèle, on fait la rencontre de Rose, une trentenaire qui ne supporte plus sa vie et qui végète, vivant avec un homme sans trop savoir si elle l’aime encore, travaillant comme serveuse dans un café, et se posant toujours et encore des questions au sujet de sa mère, qui l’a abandonnée après sa naissance.

Le passé d’une mère

Dans ce beau roman, Jessie Burton fait correspondre deux histoires et nous entraîne dans le quotidien de ces jeunes femmes, toutes en quête d’identité. 

Dès les premières pages, tout est confus, mystérieux, mais l’auteure nous laisse entrer par la petite porte. Que cherche réellement Rose ? Qui est-elle ? Trouvera-t-elle des réponses à ses questions ? Mais alors qu’il n’est pas toujours simple d’apprendre la vérité, et encore moins sur sa famille, parfois elle est nécessaire pour avancer et faire des choix.

Entre fuites et rencontres, séparations et réalité, passé et présent, on est comme emporté dans une grande quête d’identité qui touche les personnages. Alors que Rose décide de partir sur les traces de sa mère, elle est loin d’imaginer le chamboulement qu’elle va causer. « Dans un aéroport, les gens deviennent anonymes, homogènes. L’air est lourd du chagrin de la séparation – ou du soulagement des départs, ou de la joie des retrouvailles, toutes ces émotions indistinctement entremêlées. »

Une incroyable quête identitaire

Mais cette recherche, cette quête, ce besoin d’affirmation personnelle est plus fort que tout. « Ca me submergeait parfois, à quel point il faisait de son mieux, à quel point il avait toujours été mal équipé, mais à quel point il avait tout fait pour moi. A quel point je comptais pour lui, à quel point je me sentais parfois intensément liée à lui. »

L’auteure livre un récit d’une grande intensité, et met en scène trois femmes à différentes moments de leur vie, mais toutes à un tournant. Pour Jessie Burton, la place de la femme est primordiale. Égoïstes, attachantes, sûres d’elles, indépendantes, l’auteure met en avant des personnages minutieusement réfléchis, intégrés, puissants, laissant parfois très peu de place à la figure masculine. 

Jessie Burton signe ici un roman attachant, passionnant mais surtout profondément humain. Mélangeant enquête, suspens, secrets de famille, elle nous transporte habilement entre deux époques et mêle avec brio histoire d’amour et quête identitaire.

Petite bémol, le titre de ce roman. Initialement « The confession » en anglais, ici il ne retranscrit malheureusement pas la richesse des écrits de Jessie Burton.

« Les secrets de ma mère », Jessie Burton (traduit de l’anglais par Laura Derajinski), Edition Gallimard, 512 pages, 23 euros