Dans les profondeurs de la Rue de Rivoli, un nouveau club a ouvert ses portes. Bienvenue au Macumba, le premier club où le culte de la pop rencontre celui de l’Egypte. Entre hiéroglyphes et paillettes, entre dancefloor lumineux et statues à l’effigie de Michael  Jackson, on vous raconte notre visite de ce temple nocturne du kitsch est décomplexé.

Les clubs se sont succédés dans la crypte du 130 rue de Rivoli. Aujourd’hui, c’est le groupe Walt (Le comptoir général, le Marché Noir, l’Institut de Bonté) qui réinvestit les lieux avec un nouveau concept : mélanger le mythe de l’Egypte à celui de la pop culture. Féru d’exotisme, Walt a donc opéré la rencontre de ces deux mythologies et développé Le Macumba dans les entrailles de la rue de Rivoli. Des hiéroglyphes sur les murs, des pop-stars gravées dans la pierre, des écrans de Minitel au dessus du comptoir de pierre : le jeu est joué jusqu’au bout. Pourtant, on hésite entre soirée déguisée embarrassante furieuse exaltation du vintage. Mais qui visite avec sérieux Le Macumba ? « La plupart des gens ont ente 30 et 40 ans. » nous explique l’attachée de presse. « Le club ouvre tôt, à 19h, il y donc pas mal de clients en afterwork ». Elle précise que l’entrée est gratuite et sans façing : « on a donc un public très mitigé… et une clientèle internationale en raison de la place centrale du club dans Paris ».  Pourtant « le véritable défi c’est le clubbing à partir de 23h. C’est là que la population est beaucoup plus jeune. » En plus des DJ-sets composés de hits à la sauce pop-80’s, le Macumba propose tous les jeudis des cours de danse et développe une série de live-concerts. L’identité rétro-futuriste du lieu et son concept décalé ciblent donc une population hétéroclite et « fan des années 80 ». Pourtant, l’unité n’est pas évidente.

Rapidement, on a l’impression d’être happée par les apparats baroques de ce club étrange où se presse une foule passionnée, clinquante et orgiaque. L’impression de too-much écrase bien vite le projet audacieux de Walt et la cacophonie Jacksonnesque, mélangée aux effluves sucrées des cocktails (par ailleurs à 12e) saveur chimie et fruits de la passion monte à la tête. A votre droite, un pharaon joue du tam-tam avec ferveur, à votre gauche, un faune pailleté se déhanche avec narcissisme et partout, incessante, cette pluie de paillettes, ce tourbillon de hiéroglyphes, ces visages de Donna Summer, de Whitney Houston et bien d’autres pop-stars figées dans la pierre. On hésite entre carnaval et kamoulox. « Ici, on cultive le culte de la danse et de la vibe » nous explique l’attachée de presse. Oui, mais à quel prix ? Avant de remballer plumes et chimères, une dernière question nous trotte dans la tête. Pourquoi ce nom ?  » L’idée, c’est d’exploiter la vibe ancestrale du vaudou. Le Macumba est un terme brésilien très ancien. Le nom a déjà été utilisé dans tous les clubs pourris : on voulait leur faire un pied de nez. » Mais à vue de nez, pas sûre qu’on prenne notre pied.

 

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Macumba Paris
130 Rue de Rivoli
75001 Paris

 

Un pied à Paris, l'autre à Leipzig, j'explore les territoires de la culture et de l'écriture avec malice. Grand amour pour les chapeaux, les petits-déjeuners, la poésie et les voyages en sac-à-dos. Membre de la confrérie des roux et des passionnés de musique.