Avec son projet nommé « Green Cake », une jeune Palestinienne s’est lancée comme défi de reconstruire la ville de Gaza. Le tout avec un nouveau matériau écologique censé enrôler la pénurie de béton que connaît la bande de Gaza.

Diplômé de génie civil Majd Masharawi, 22 ans, confectionne avec son amie Rawan Abdelatif depuis plus de trois ans, une toute nouvelle brique qui pourrait bien révolutionner la vie des Gazaouis.

À la suite des bombardements israéliens lors de l’opération militaire « Bordure protectrice », la bande de Gaza a payé un lourd tribut : une bonne partie des quartiers sont maintenant reconstruire (18 000 maisons partiellement détruites et 100 000 personnes  à la rue). Suite à l’arrivée du Hamas au pouvoir ce territoire est encore aujourd’hui privé de matériaux de base dont le ciment. Face à cette situation, Majd Masharawi a eu l’idée de créer une brique novatrice permettant de reconstruire la ville écologiquement, rapidement, à moindre coût et de manière autonome.

« Nous nous sommes demandé de quoi est-ce-que Gaza pouvait souffrir ? Le principal problème vient de la pénurie de matériaux de construction : voyons une alternative. » Majd Masharawi

© IndexAward2017

Un projet mûrement pensé

Après plus de dix tentatives infructueuses, Majd Masharawi a réalisé son premier prototype de brique Green Cake dans une usine locale pour un test de résistance à la compression afin de s’assurer qu’un mur pourrait retenir le poids.

Après avoir maintenu une force de seulement 0,2 mégapascal sur les 3 requis, le mur a lâché prise. « L’homme du laboratoire a ri de nous et a dit :  » s’il vous plaît les filles, allez à la cuisine et faites autre chose. Peut-être un véritable gâteau vert« , a rappelé Masharawi. Plusieurs mois après, la recette finale est enfin trouvée.

© Majd Masharawi

Green Cake : une brique nouvelle génération ?

Pour créer cette brique, Majd Masharawi a eu besoin de cendres venant de la combustion de charbon et de bois. Des matériaux qu’elle peut trouver en abondance car utilisé pour la production d’énergie. Elle récupère ainsi près de six tonnes de matière normalement réservée à la décharge. En réutilisant ces déchets, la jeune Palestinienne entend endiguer la crise du logement en proposant des constructions moins onéreuses.

25% moins chère et beaucoup plus léger, le Green Cake a passé avec succès plusieurs tests de résistance avant d’être commercialisé (incendie, humidité, choc). Reste à savoir combien de temps ce matériau pourra-t-il tenir. « Nous ne pouvons pas encore garantir leur durabilité, nous le pourrons dans dix ans peut-être. Mais je pense que ce parpaing sera durable. Parce que le charbon ne réagit pas chimiquement avec le ciment » confiait la créatrice au journal Middle East Eye.

Seule certitude autour de cette innovation, elle pourrait s’étendre et permettre la reconstruction rapide de zones de guerre : « Je pense que ce projet est une bonne idée, car il ne sera pas applicable uniquement à Gaza, mais partout dans le monde ».

Le projet Green Cake en vidéo 

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