Porté par le succès de son premier album Cure, certifié double disque de platine, Eddy de Pretto s’est installé à l’Elysée Montmartre à Paris pour dix dates. Nous étions là lors du dernier round de cette création inédite intitulée « Kid Boxing ».

C’est sur un ring de boxe, au coeur de l’Elysée Montmartre à Paris dans le quartier de Pigalle, qu’Eddy de Pretto a décidé d’achever sa tournée triomphale des Zéniths après le succès de son premier album Cure, vendu à plus de 200 000 exemplaires et réédité en version Deluxe : Culte. Dix dates dans une salle de 1 400 places plutôt qu’un seul soir à Bercy, voilà le pari qu’a souhaité relever le jeune homme et l’on ne peut que lui donner raison. Les dix rounds de cette création inédite intitulée Kid Boxing ont très vite affiché complet, et l’ambiance intimiste d’une salle modeste sied particulièrement bien à la proposition musicale et scénique d’Eddy de Pretto, très proche de son public.

Une bienheureuse proximité

Après 45 minutes de DJ set reprenant les tubes qui, on l’imagine, ont du bercer l’adolescence du « kid » (de Beyoncé à Britney Spears en passant par Black Eyed Peas), le public est mis en condition comme avant un match de boxe. Bruits de respiration et définitions de termes techniques défilent sur les écrans panoramiques qui ornent le ring central. On s’attend à voir arriver Eddy les gants aux poings, dans un peignoir de satin, mais il n’en sera rien.

Comme il le fera à plusieurs reprises pendant le concert, Eddy de Pretto n’a pas peur de braver la foule. Il l’affirme d’ailleurs dès le début de la soirée : son souhait était de « voir les gens », sentir leur présence et leurs regards. Le jeune homme semble dans son élément une fois sur scène. Le regard fier, il maîtrise parfaitement ses déplacements sur scène et le flot de ses textes, même si l’on doit parfois tendre l’oreille pour les comprendre entièrement par-dessus les programmations et la batterie. Tournant sur lui-même pour faire face au quatre coins de la salle, Eddy assure, donne tout. La voix est impeccable et le charme opère. L’intensité du show est évidemment liée à cette précieuse proximité.

Entre force et fragilité

Le concert est ponctué d’extraits de films où Eddy de Pretto raconte ses souvenirs : ses échecs sur les terrains de basket, la chanson Turning Tables d’Adèle qui le faisait pleurer plus jeune, le jour où il a compris qu’il aimait les garçons et qu’il ne serait pas ce que que l’on attend de lui… Le message est on ne peut plus clair: « C’est pas grave si tu rates ». En s’exposant ainsi, à travers sa musique et ces bouts de vie, Eddy de Pretto répond à une génération en mal d’identification, qui a besoin de se raccrocher à des idoles de chair, humaines et blessées. C’est ce mélange de force et de fragilité que l’on aime chez lui, ce regard profond lorsqu’il se pose au piano pour entonner Honey au milieu des lumières des portables, mais aussi cette rage contenue dans le percutant Random, où les stroboscopes projettent sur la foule une lumière crue.

On retiendra également le lancinant Mamere, une reprise en français de Frank Ocean jouée sans ears, au milieu d’une foule silencieuse, mais aussi Quartier des lunes chantée avec une GoPro fixée sur son torse pour alimenter un live Facebook, la géniale Fête de Trop pour terminer le set en beauté, et en rappel le déchirant Beaulieue. Le concert aurait pu se terminer sur ces paroles lourdes de sens : « Je garde toutes tes briques », mais ce sera bien sûr avec Kid qu’Eddy raccrochera les gants. Au fil de la soirée, il est apparu bien plus à l’aise et chaleureux que lors de ses apparitions médiatiques. Dans une ambiance « au coin du feu », Eddy de Pretto nous a rappelé combien il était utile de sublimer nos cabosses et de partager nos fêlures, pour mieux apprendre, ensemble, à rayonner.

Eddy de Pretto, album Culte (réédition de Cure avec 4 titres inédits) disponible depuis le 9 novembre 2018.
En concert dans les festivals cet été.
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