Le café de la Presse invite le collectif d’affichistes « Tout un café », à venir animer ses murs.

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Avec l’exposition Extase, le Café de la Presse s’inscrit bien dans l’ambiance en vogue du moment : chiller et ressentir, profiter de la vie par tous les bouts. Au premier étage, sur la tribune qui surplombe l’espace principal, sont (presque négligemment) accrochés des dessins regroupés autour d’un même thème choisi : l’amour charnel.  Nudité, détails prolifiques, foisonnement et d’autres choses qui n’ont rien à voir avec quoi que ce soit de sensuel (un poisson tobogan dans une décharge, un bonhomme tout rond à trois mains…) s’assemblent dans le format habituel de l’affiche papier 40 x 30.

Outre les incartades faites au thème, le nom de l’exposition est, quant à lui, bien trouvé. « Extase », ce moment où l’on se sent transporté hors de nous-même est effectivement bien évoqué par ces affiches psychédéliques où l’influence de la chair, des états secondaires et du hors-temps transparaissent. Des inspirations qui parlent à nos générations.

C’est le collectif « TOUT UN CAFÉ » qui présente ces œuvres, une association regroupant actuellement 10 illustrateurs, rejoints pour l’occasion, par le collectif parisien CRCR.

Un peu trop vendeur, beaucoup trop surfait, le dessin de ces planches est pourtant loin d’être transcendant. Il rejoint un peu cet esprit flottant d’une apogée de la décadence bon marché où seule l’apparence, le sexe et les drogues comptent. Loin de moi l’idée d’être blasée, notre tradition artistique s’inscrit dans ces courants, mais jusqu’à présent elle avait su faire émerger de cette surabondance, un art délicat, une expression vraie. Le XXème siècle et les fumées d’opium nous ont offert Apollinaire, Baudelaire, les années 70 et les pilules, les Doors et les Pink Floyd. Et aujourd’hui ? qu’avons-nous ?

Parler de ce qui émeut, de ce qui fait vibrer, oui, le faire en employant des effets ultra commun frisant la platitude, c’est presque pénible. Un accrochage qui n’apporte pas grand-chose et qui finalement se fond bien sur les murs de ces cafés que l’on ne regarde jamais.

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CAFE de la PRESSE
36 boulevard de la Bastille
75012 Paris

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