Cet automne, retrouvez Bernard Murat, Guillaume de Tonquédec et Léa Drucker dans La Vraie vie au théâtre Édouard XVII. Une pièce loufoque, parsemée de quiproquos et de contretemps révélant peu à peu les personnages.

La pièce est signée Fabrice Roger-Lacan et Bernard Murat, directeur du théâtre Édouard VII. Le duo, à l’origine de La Porte à côté en 2014, revient avec La Vraie vie, jouée jusqu’au 4 novembre 2017. Endossant également le rôle du comédien, Bernard Murat évolue sur les planches aux côtés de Guillaume de Tonquedec, Léa Drucker, Anne Benoit et Alka Balbir, invitée surprise au scénario d’un vaudeville du XXIe siècle.

Le train-train parisien dérape chez les Costa

Le rideau s’ouvre sur un décor qui nous dit tout du couple que forment Pierre Costa (Guillaume de Tonquédec) et Florence (Léa Drucker). Une bibliothèque recouvrant le mur colossal d’un appartement parisien plus que modeste veille sur un salon à la décoration très épurée, avec ici et là quelques touches chaleureuses comme une plante ou des coussins. Pierre et Florence, chez qui nous nous introduisons, forment un couple d’âge mûr et appartenant à la classe moyenne, avec un « bagage culturel un peu plus élevé que la moyenne », comme le souligne Florence. Bref, un ménage ordinaire avec une vie ordinaire. Pourtant, des retrouvailles pour le moins atypiques viennent bousculer le train-train quotidien de ces personnages. Pierre profite en effet d’un voyage professionnel de sa femme pour inviter son vieux prof de philo, celui qui a tant marqué sa vie d’étudiant et qui suscite chez lui un respect sans borne. Seulement, Maxime Machin (Bernard Murat), n’est pas l’homme de ses souvenirs. Ajoutez à cela un nourrisson vendu sur un parking, une mère envahissante et démente ainsi qu’une invitée inattendue pour que la soirée prenne une tournure grotesque.

Quand désillusions et incongruités amènent à réfléchir

La Vraie vie est une pièce qui vous fera passer un très bon moment. Avec quelques incongruités et une belle touche d’humour, on sourit plus d’une fois devant ce vaudeville contemporain. Le scénario fait apparaître une vérité qui rime avec désillusion pour l’ensemble des personnages. Si Bernard Murat prouve une fois de plus qu’il est un monument du théâtre français, on salue également le jeu de Guillaume de Tonquédec et Léa Drucker dans leurs rôles respectifs, étudiant coincé dans un corps d’adulte et psychologue à l’humour tranchant derrière son air pincé. Au final, c’est même à cette dernière qu’on s’attache le plus grâce à un personnage qui garde la tête froide et les pieds sur terre, permettant ainsi au scénario de rester vraisemblable. Autre valeur ajoutée de la pièce : ses sous-titres anglais, qui permettent au public anglophone de profiter du spectacle sans faire basculer les spectateurs français du théâtre au cinéma. Il ne s’agit certes pas de la pièce de l’année, mais elle a le mérite de nous convaincre malgré une chute un peu biscornue, ainsi que de nous faire également réfléchir sur notre propre bonheur. Concrètement, mieux vaut se contenter de la vraie vie et des vérités pas toujours faciles à entendre plutôt que de vouloir faire illusion.

 


La Vraie vie

Théâtre Édouard VII
Tous les jours sauf dimanche, lundi à 21h
Dimanche à 15h30
Samedi supplémentaire à 17h
Jusqu’au 4 novembre 2017
De 21 à 76,5€

 

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