Le 13 tour d’Indochine s’est achevé le week-end dernier au stade Pierre Mauroy à Villeneuve-d’Ascq, après un an et demi de tournée. Retour sur un au revoir en grande pompe.

L’album 13 est sorti en 2017, suivi de près par la tournée. Or, de toute cette dernière, ce seront certainement les 22 et 23 juin 2019 qui rejoindront les dates les plus importantes de l’histoire du groupe. C’est dans le nord que, durant deux jours, les garçons ont dit au revoir à leur public en fêtant, lors d’un concert inoubliable samedi, les 60 ans de Nicola Sirkis. Véritable prouesse artistique, mais aussi physique pour le groupe et son staff, le 13 tour, qui aura donc connu trois vagues, est à ce jour la tournée la plus longue et intense d’Indochine.

13, l’album et la tournée

Sans piège, son nom l’indique, 13 et le treizième album du groupe depuis L’Aventurier. En bientôt 20 ans, Nicola, accompagné au fil des décennies par différents compagnons de route, a créé une identité de groupe sans pareille dans le paysage rock français, ne s’interdisant pas pour autant quelques modulations. Après un retour très rock grâce à Paradise puis Alice et June, des mélodies plus acoustiques se sont faites entendre dans La République des météores. Puis, on a vu les claviers s’accentuer dans Black City parade, opus qui mélangeait également les différentes atmosphères des albums précédents. Quelques années plus tard, 13 tend plus encore vers un retour aux influences des premiers albums. Plus pop, les textes s’encrant dans le présent, voire l’avenir, sont également plus nombreux que précédemment. Bien que cela soit oublié depuis sa sortie, on a pu ainsi être surpris de découvrir le titre  La Vie est belle ou encore 2033, tranchant avec les univers assez noirs des dernières années.

© Erwin Olaf

Côté planches, Indochine surprend à chacune de ses tournée par ses scénographies. Entourés pour chaque visuel par des artistes de génie, le look des albums annonce souvent la couleur des prochains concerts. Avec 13, le groupe s’est pourtant surpassé, leur collaboration avec Erwin Olaf n’ayant pas préparé le public à se retrouver sous une énorme soucoupe composée d’écrans géants. Accompagnée d’une installation lumières colossale, elle aura marqué les esprits mais aura également créé un grand lot de contraintes, obligeant le groupe à l’abandonner pour certaines salles, dont le stade Pierre Mauroy.

La dernière vague au stade Pierre Mauroy

Le groupe avait, pour cet au revoir, promis une nouvelle scénographie, une nouvelle setlist, de nouvelles surprises ; là encore, les attentes ont été largement dépassées. Un immense écran géant a permis aux 28 000 spectateurs de voir le groupe évoluer sur scène tout en replongeant dans l’univers de chaque morceau grâce à des visuels bien spécifiques, désormais bien connus du public le plus régulier. Se succèdent ainsi, sur l’écran, le live, les clips, un voyage dans l’espace à la recherche d’un nouvel univers, les drapeaux imaginés et attribués à chaque morceau de l’album, etc. Les lumières étaient, là encore, présentes en nombre, au point d’abaisser légèrement le toit du stade, permettant de plonger la salle dans des ambiances bien précises ou, au besoin, de l’illuminer entièrement.

Comme promis, les setlists ont bien été modifiées pour l’occasion, permettant ainsi à ceux qui sont venus voir le groupe plusieurs fois dans l’année de ne pas assister au même concert. Les titres comme Tomboy, joué durant la première vague, ou Trump le monde dans la deuxième ne sont pas jouées, ni Gloria le duo avec Asia Argento. Les plus belles surprises resteront celles du samedi, notamment la garde nationale qui a rejoint les cinq membres du groupe sur scène pour interpréter quelques anciens titres dont J’ai demandé à la lune, le trop rare Justine, mais aussi Électrastar pour lequel Lou, la nièce de Nicola, les a accompagnés. La garde entonnera même un air de Joyeux anniversaire mêlé à Life on mars de Bowie. Impossible de rester sur sa faim, surtout que, une fois le rideau tombé, le public, à peine remis de ses émotions, se retrouve au pied du stade, devant un feu d’artifices qui éclate au son de Starman.

La tournée est finie mais, après un an et demi, Indochine ne disparaît pas des radars du jour au lendemain. Sortis cette semaine, le single Karma Girls sur lequel se sont achevés tous les concerts du 13 Tour, et le court métrage  Kimono dans l’ambulance, hommage aux forces de l’ordre et secouristes pendant les attentats, nous laissent encore profiter du groupe avant un repos bien mérité. En effet, Nicola annonce déjà, pour les vingt ans d’Indochine l’année prochaine, une tournée sans précédent, ayant pour projet fou et, on l’espère, réalisable, de jouer l’ensemble de leurs albums.