Photographe et réalisateur, Gionanni Troilo est un habitué de la réalisation documentaire. Après avoir signé en 2016 un documentaire sur William Kentridge, un grand artiste sud-africain, sélectionné au Festival International du film de Rome ; il réitère l’expérience avec Frida, Viva la vida. On y fait l’expérience d’une plongée dans l’intimité et les pensées de Frida Kahlo, et dans sa vie artistique.

Frida, Viva la vida est un documentaire en 6 chapitres sur Frida Kahlo réalisé par Giovanni Troilo. En s’appuyant sur des supports variés, il reconstitue et retrace la vie ainsi que la personnalité de Frida Kahlo : il dresse le portrait d’une femme empreinte de dualité, aux prises avec ses souffrances.

Frida Kahlo, une personnalité en tension

Frida, Viva la vida retrace les événements forts qui ont marqué la vie de Frida Kahlo, et qui l’ont formée. On y parle de la maladie qu’elle contracte puis l’accident de tramway qui percute le bus dans lequel elle se trouvait, qui marquent son corps et le contraignent à tout jamais. On y parle de sa relation avec Diego Rivera, de son amour inconditionnel pour lui et de la toxicité de celle-ci. On y parle aussi de ses engagements communistes et politiques, qui transparaissent dans ses œuvres. Frida Kahlo est dépeinte comme une artiste entière, forte d’engagements révolutionnaires, dont la souffrance a nourri le travail. Le documentaire illustre très bien comment elle a peint son vécu, ses émotions, et leur a donné corps.

Kahlo, Frida (1907-1954): The Broken Column. 1944. Mexico City Fundacion Dolores Olmedo *** Permission for usage must be provided in writing from Scala.

Frida, Viva la vida est un documentaire complet et structuré, s’appuyant sur des entretiens avec des expert.es du travail de Frida Kahlo, des reconstitutions évocatives, des archives historiques, entrecoupés d’explication des œuvres de Frida Kahlo. En toile de fond, Asia Argento mène la narration du récit, en récitant notamment les propres mots de Frida Kahlo, qu’on retrouve dans ses lettres et les journaux intimes.

On regrette cependant la densité de ces sources et leur multiplicité, qui rend parfois le documentaire lourd et indigeste. La forme peut parfois desservir le fond, à l’instar des reconstitutions évocatives, qui sont dispensables et apportent peu au contenu, qui se suffit amplement à lui-même.

Le documentaire Frida, Viva la vida est un témoignage intéressant et complet de la spécificité de Frida Kahlo et de son impact dans l’histoire artistique du Mexique. Le lien étroit entre son vécu et son œuvre est illustré à la perfection. On regrette donc que le documentaire se perde dans des artifices qui alourdissent son propos.

Frida, Viva la vida, sortie le 24 novembre en salles.