L’exposition France – Allemagne(s) 1870 – 1871 organisée par le musée de l’Armée à Paris jusqu’au 30 juillet 2017 dresse une lecture originale sur ces années de conflits. Par la confrontation de témoignages d’acteurs littéraires, politiques ou artistiques des deux nations, il est ici proposé de se replonger plus en détails sur cet épisode de l’histoire souvent méconnu qui explique pourtant les relations France-Allemagne(s) et avec elles, les prémices des deux conflits mondiaux et l’avenir de l’Europe. 

Retour sur un épisode bien souvent peu connu

« Année terrible » est l’expression employée par Victor Hugo pour évoquer 1870. Et pour cause, dès le mois de juillet de cette année-là, la guerre éclate entre la France et le Royaume de Prusse. Dès septembre 1870, l’empire français, affaiblie par la défaite de la bataille de Sedan et la capitulation de Napoléon III, rencontre une situation politique et sociale des plus compliquée qui entraînera la chute du second empire et la proclamation de la Troisième République. Suite au siège de Paris mené par l’Empire allemand, la guerre s’achève par la défaite française et l’annexion de l’Alsace-Moselle, fraîchement fondé, en janvier.

La frustration d’avoir perdu cette guerre franco-prussienne accroît la difficulté pour le pouvoir politique de maintenir l’équilibre les contextes économiques et sociaux, se trouvant plus fragilisés. Ainsi, en mars 1871, en opposition au pacifisme prôné par le gouvernement de la Troisième République, un mouvement insurrectionnel né dans la capitale : c’est la Commune de Paris.

L'Hôtel de Ville en mai 1871 Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie © BnF
L’Hôtel de Ville en mai 1871, Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie, © BnF

Des œuvres littéraires, artistiques et des documents d’archives inédits

En plus de proposer la découverte de nombreux objets et archives inédits qui témoignent de cette période souvent mal connue, cette exposition a pour ambition de présenter la guerre de 1870-1871 dans une perspective chronologique large s’étalant de 1864, date du début des guerres d’unification allemande, au traité de Versailles de 1919, marquant la fin de la Première Guerre Mondiale. Les témoignages artistiques, littéraires, ou les documents d’époque présentés mettent en lumière le caractère fondateur de ces deux années charnières tant pour les relations entre ces deux pays que pour l’avenir de l’Europe.

Atelier Mandar et Mugnier Les docks de la Vilette, 1871, Paris Paris, Musée de l’Armée © Paris - Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais / Pascal Segrette
Atelier Mandar et Mugnier
Les docks de la Vilette, 1871, Paris
Paris, Musée de l’Armée © Paris – Musée de l’Armée, Dist. RMN-Grand Palais / Pascal Segrette

Une exposition pour tous les amoureux de l’histoire, de Paris ou Berlin

Ce remarquable travail d’historien réalisé par Mathilde Benoistel, Sylvie Le Ray-Burimi et Christophe Pommier, les commissaires de l’exposition, intéressera non seulement les plus férus d’histoire, mais également les amoureux de Paris ou de Berlin. La présence de multiples séries photographiques d’époque relaient les évolutions et mutations notables connues par ces grandes villes à l’issue de ces événements. Vous découvrirez ou redécouvrirez les explications du choix de l’appellation de la rue et station de métro Quatre Septembre, de celle du quartier de la Défense ou celles qui ont poussé à la construction de la Colonne de la Victoire (Siegessaüle) à Berlin.

Bruno Braquehais Barricade rue de Castiglione, 1871, Paris Paris, Musée de l’Armée © Paris, musée de l'Armée / Dist RMN-GP / Emilie Cambier
Bruno Braquehais
Barricade rue de Castiglione, 1871, Paris
Paris, Musée de l’Armée © Paris, musée de l’Armée / Dist RMN-GP / Emilie Cambier

France – Allemagne(s), est une exposition surprenante qui permet d’envisager autrement les années 1870-1871 grâce à la confrontation de différents médiums documentaires inédits.

Jusqu’au 30 juillet au musée de l’armée, Invalides
Ouvert tous les jours de 10h à 18h, nocturne le mardi jusqu’à 21h.
Tarif plein : 12 € / Tarif réduit : 8,50€ / Gratuit moins de 18 ans

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