Greta Driscoll est une jeune fille introvertie fraîchement arrivée dans un nouveau collège. Lorsque ses parents croyant bien faire lui organisent un anniversaire pour ses 15 ans c’est la panique. Enfermée dans une enfance confortable et pas encore prête pour le monde de l’adolescence, Greta doit affronter toutes ses peurs qui prennent vie.

Windmill Theatre / UFO Distribution
Windmill Theatre / UFO Distribution

L’univers coloré de l’enfance

Rosemary Myers est au départ metteuse en scène, et réalise avec Fantastic Birthday son premier film, adapté d’une pièce de théâtre montée avec le scénariste et acteur Matthew Whittet et le scénographe Jonathon Oxdale. Il est nécessaire de le préciser rapidement, car ce passé sur les planches se ressent fortement dans cette comédie qui explore avec fantaisie la psychologie du passage à l’adolescence.

Porté par ses deux jeunes acteurs –Bethany Whitmore et Harrison Feldman-, le film élabore dans un format 1.33 une mise en scène clairement inspirée par Wes Anderson. Remplie de couleurs et d’un humour légèrement décalé, la réalisatrice évoque sans mal l’univers enfantin de cette jeune adolescente, tout en gardant souvent une certaine symétrie dans les plans qui rappelle les codes imposés à la jeune fille par ses parents, ses amis, la société. L’usage des décors et des accessoires n’est pas en reste dans cet ode à l’enfance; en puisant dans la multitude d’avatars interprétés par chacun des acteurs, Fantastic Birthday limite son budget et se dote de scènes à la fois originales et symboliques.

© UFO
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Promenons-nous dans les bois

Pour créer ses codes cinématographiques, Rosemary Myers s’inspire du conte de fées et de la psychologie pour son film. Dans une seconde partie audacieuse, Greta se retrouve confrontée à diverses créatures fantastiques qu’elle doit combattre pour retrouver son quotidien habituel. A travers la symbolique première de la forêt comme espace mystérieux où les peurs prennent vie, ce passage mi-inquiétant mi-comique évoque la lutte de la jeune fille contre les événements de l’adolescence. La peur d’avoir honte de ses parents ou la découverte de leurs imperfections et de leur vulnérabilité en sont peut-être les points les plus marquants, les autres se limitant à une affirmation contre l’oppression ou la découverte de l’attirance amoureuse.

Malgré quelques bons éléments, c’est cette seconde partie qui bute sur de gênants défauts qui viennent peu à peu appesantir les ravissantes premières impressions. L’exploration psychologique de Greta se limite à des faits et scènes bateau, qui s’enchaînent vite alors que d’autres se déroulent au contraire bien trop rapidement. Le personnage qui apporte son aide à la jeune fille -indispensable aux contes de fées- est trop présent, et la sensation d’un équilibre mal agencé entre les événements vient rapidement gâcher l’originalité et la perfection de la mise en scène.

Si c’est le passé théâtral des metteurs en scène qui donne toute l’originalité à cette création, c’est une mauvaise expérience du rythme cinématographique qui vient malheureusement perturber le tout.

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