Pour la quatrième année consécutive, tout l’été, et chaque semaine, Untitled Magazine vous propose trois livres à lire. Que vous soyez dans votre maison de campagne, au bord de la plage, entre amis ou encore au travail, vous devriez trouver votre bonheur.

Une apparition, Sophie Fontanel

Un beau jour, à l’âge de 53 ans, Sophie Fontanel, journaliste de mode, décide d’arrêter de se teindre les cheveux. Après un énième passage chez la coiffeuse, elle souhaite retrouver son naturel, se rapprocher de son âge véritable mais surtout être libre et cesser de suivre les codes de la société qui l’incite à cacher ses cheveux blancs le plus longtemps possible. 

Avec ce livre, Sophie Fontanel nous ouvre les portes de son journal intime. Au départ, c’est moche : des cheveux noirs et d’autres gris. Et pendant un an et demi, elle retranscrit ses émotions, ses pensées et sa transformation, qui n’a pas toujours été simple. Elle y raconte les réactions de ses proches, des gens qu’elle croise, et se prend en photo sur Instagram pour illustrer cette évolution. Entre anecdotes, rencontres et angoisses, la journaliste aborde aussi la dure question du vieillissement, de l’image de la femme dans la société mais aussi de notre rapport à notre corps.

Au fil des pages, Sophie Fontanel se dévoile et laisse paraître ce sentiment de libération, de soulagement d’enfin se sentir jolie, sans couleur et de voir sa décision acceptée par ses proches. Un très beau roman qui sait mettre de bonne humeur !

« Une apparition », Sophie Fontanel, Editions Pocket, 224 pages, 6,95 euros

Juste après la vague, Sandrine Collette

Six jours auparavant, un volcan s’est effondré dans l’océan créant une vague gigantesque, faisant disparaître le monde autour de Louie, ses parents et de ses huit frères et soeurs. Seule leur maison perché sur un sommet tient encore. Mais la nourriture se raréfie, les tempêtes grondent, les secours n’apparaissent pas. Alors lorsque l’eau recommence à monter, les parents décident de partir vers les hautes terres sur leur barque. Mais il n’y a pas de place pour tous, il va falloir choisir parmi les enfants.

Dès les premières pages, Sandrine Collette nous plonge dans une atmosphère de fin du monde. Jonglant entre la peur de l’abandon, l’isolement, la folie, la mort ou encore la terreur de la mer, l’autrice excelle en décrivant le désespoir. Mais dans ces moments presque insoutenables, la solidarité fraternelle apporte une once d’espoir au récit soutenu par des personnages qui au-delà de ces événements partagent une solidarité et une humanité importante entre eux. Elle livre un huis-clos glacial, terrifiant, jouant avec le lecteur jusqu’à lui couper le souffle.

« Juste après la vague », Sandrine Collette, Editions Livre de Poche, 352 pages, 7,90 euros

Les saisons, Maurice Pons

Un étranger arrive dans une vallée. Les habitants de ce petit village n’ont pas l’habitude de voir des étrangers. Alors ils ne l’accueillent pas à bras ouverts, c’est le moins que l’on puisse dire. Sous une pluie battante qui semble ne jamais vouloir s’arrêter, Siméon parcourt le village, les pieds dans la boue. Un habitant lui lance même un crâne de mouton depuis sa fenêtre.

Mais Siméon ne se formalise pas. Il entre dans la première auberge et cherche à ne pas s’imposer mais à s’installer. Parce que Siméon veut écrire. Il est écrivain, un écrivain en devenir, qui ne cherche rien d’autre que du calme et de l’inspiration. Les moments de récit et les extraits de journaux intimes de Siméon – première réelle tentative pour écrire – se suivent, et les habitants doivent bien s’habituer à cet homme qui ne ressemble à rien de ce qu’ils connaissent. La Veuve Ham, Louana, le Croll, Clara… On rencontre en même temps que Siméon les habitants d’une vallée perdue. Une véritable plongée anthropologique – et littéraire, dans le processus d’écriture.

« Les saisons », Maurice Pons, Editions Christian Bourgois, 264 pages, 7,50€