Pour la troisième année consécutive, tout l’été, et chaque semaine, Untitled Magazine vous propose trois livres à lire. Que vous soyez dans votre maison de campagne, au bord de la plage, entre amis ou encore au travail, vous devriez trouver votre bonheur.

Famille parfaite, Lisa Gardner

Les Denbe sont kidnappés dans leur luxueuse villa dans la banlieue chic de Boston. Tout semble correspondre à une famille parfaite : mariage modèle, belle situation, ravissante jeune fille de quinze ans, demeure somptueuse… Une vie rêvée ! Jusqu’au jour où ils disparaissent tous les trois. Pas de témoin, pas de mobile, pas de demande de rançon, pas d’effraction. Quelques traces et des débris de cartouches de Taser sur le sol, c’est tout.

Comment peut-on entrer dans une villa si sécurisée ? Cette villa c’est le papa, Justin, patron d’une grande entreprise de BTP, habitué à la réalisation de gros projets, qui l’a construite. Mais c’est la voix de Libby, la maman – addict au Vicodin – qui sera le fil rouge de l’intrigue. Devenue otage avec sa famille, elle raconte au gré des chapitres qui lui sont dédiés, des informations sur cette famille qui semble si parfaite, mais seulement en apparence. En parallèle, on suivra l’enquête aux côtés du policier D.D Warren et de Tessa, mandatée comme détective privée – puisqu’elle a démissionné de la police – par l’entreprise et les actionnaires de Justin pour évaluer la situation.

Intrigue, personnages, suspens et rebondissements, Lisa Gardner signe un thriller parfaitement bien ficelé. On tourne les pages avec hésitation et curiosité, à la recherche de la vérité. L’auteure nous entraîne sur de fausses pistes et les raisons de ce rapt restent tout au long du roman bien mystérieuses.

« Famille parfaite », Lisa Gardner, Edition Livre de Poche, 576 pages, 8,70 euros

Beau Ravage, Christopher Bollen

Ian, jeune new-yorkais, issu d’un milieu aisé se retrouve soudain déshérité. Il décide alors de rejoindre son amie d’enfance, Charlie d’origine grecque qui mène une vie rêvée à Patmos à bord de ses yachts de luxe. Ian n’a qu’une idée en tête, emprunter de l’argent à Charlie mais ce dernier refuse mais lui fera une proposition qu’il ne pourra refuser : devenir son bras droit dans la compagnie de location de yachts qu’il vient de fonder. Un bon salaire, un toit gratuit, une jeune fille aimée qu’il vient de retrouver, c’est l’idéal pour Ian.

Mais quand Charlie disparait du jour au lendemain, laissant Ian aux commandes de la société, tout vire au cauchemar. Qui est réellement Charlie ? Que se passe-t-il dans cette société ? Alors que Ian part à sa recherche, il se rend compte du piège dans lequel il est tombé. Entre touristes pickpockets, moins orthodoxes, hippies et apprentis armateurs, les deux hommes se cherchent. Personne n’est ce qu’il prétend, mais qui aidera l’autre en réalité ? Ian est-il pris au piège par son ami ? Charlie finira t-il par réapparaitre pour aider son ami ?

Dans une Grèce surendettée, sur une ile où s’échouent les migrants, Christopher Bollen signe un livre à la fois angoissant et redoutable, n’hésitant pas à dresser un portait ironique des Américains et leur fameux rêve de « self-made men ».

« Beau Ravage », Christopher Bollen, Edition Points, 672 pages, 8,90 euros

On s’y fera, Zoyâ Pirzâd

Arezou et Shirine sont deux femmes en Iran. L’une est propriétaire d’une agence immobilière qu’elle a hérité de son père et qu’elle essaye de renflouer, tout en élevant seule sa fille alors que son ex mari est parti habiter en France. L’autre est sa meilleure amie et travaille avec elle, célibataire depuis ses fiançailles ont été rompues à peu de temps du mariage. On s’y fera est une plongée dans la vie de ces femmes bourgeoises, sans maris, dans une société où les femmes sont encore beaucoup vues sous le prisme de leur mariage et du statut social de leurs maris.

De son écriture fine et fluide, Zoya Pirzad nous fait entrer dans la tête d’Arezou, alors qu’elle rencontre un homme bon, qui comprend les défis auxquels elle fait face en tant que mère célibataire. On la suit alors qu’elle s’autorise enfin à se détendre, à faire confiance à nouveau et à partager son quotidien et ses peines avec un autre. Le récit de ces vies permet à l’autrice d’aborder de nombreux sujets concernant la société iranienne : le rapport à l’éducation et à la culture dans la bourgeoisie, l’importance du mariage et du statut social, mais aussi la charge mentale de ces femmes qui sont devenues actives mais dont on attend toujours qu’elles s’occupent de leurs parents et de leurs enfants.

Et le personnage de Sohrab Zardjou, cet homme qu’Arezou rencontre, est fascinant de mystère et de générosité. On ne peut que tourner les pages pour découvrir ce qui va advenir de cette relation et ce que Sohrab dévoilera.

« On s’y fera », Zoyâ Pirzâd, Zulma Poche, 322 pages, 9,95 euros