Tout l’été, et chaque semaine, Untitled Magazine vous propose trois livres à lire. Que vous soyez dans votre maison de campagne, au bord de la plage, entre amis ou encore au travail, vous devriez trouver votre bonheur.

 

« Je te vois », Clare Mackintosh

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Alors qu’on était restés scotchés au premier roman Te laisser partir de Clare Mackintosh, on attendait l’auteure au tournant lors de la sortie de son deuxième opus. Zoé est une mère de famille londonienne, qui emprunte tous les jours le métro pour se rendre à son travail. Un matin, en feuilletant les pages du journal distribué sur le quai, elle découvre sa propre photo dans les petites annonces accompagnée d’un site internet. Est-elle en train de rêver ? Peut-être est-ce une coïncidence ?

Le récit alterne les chapitres de Zoé (où elle s’exprime à la première personne) et ceux de Kelly (ici avec un narrateur), qui bien sûr finiront par se rencontrer. Très réalistes, ces portraits de femmes s’ancrent parfaitement dans notre société actuelle. Une société où les caméras sont devenues des objets anodins de notre vie quotidienne, et les voir détourner de leur fonction première peut faire peur. Dans cette société où notre intimité n’existe presque plus, où nos photos postées sur les réseaux sociaux peuvent à tout moment se retrouver utilisées à notre insu, on peut parfois faire face à de très mauvaises surprises. Clare Mackintosh signe avec ce deuxième roman une intrigue très bien ficelée, rythmée, jouant avec la psychologie de ses lecteurs, les entrainant sans cesse dans un questionnement. Entre angoisse et paranoïa, on sera nous aussi parfois tentés de regarder autour de nous dans le métro !

« Je te vois », Clare Mackintosh, Edition Livre de Poche, 544 pages, 8,40 euros

 

« Chanson douce », Leila Slimani

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Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide de reprendre le travail malgré quelques réticences de la part de son mari. S’en suit alors un casting sévère et le couple part à la recherche de LA nounou idéale. Ce sera finalement Louise. Et très vite, elle devient indispensable auprès des enfants mais aussi des parents. Garde des enfants, ménage, cuisine, sorties, progressivement elle aura une place centrale dans le foyer. Mais peu à peu le piège se referme… et voilà le drame !

Avec une description précise du jeune couple et du personnage mystérieux de la nounou, Leïla Slimani évoque notre époque, notre société avec ses différences de conception de l’éducation, de l’amour et des rapports de force entre domination et argent. Dès les premières pages, on est happé par le suspens envoûtant et l’écriture fluide de la romancière. Et comme dans son premier roman, la féminité a une part bien importante dans le récit. Ici, elle n’est pas sexuelle mais plutôt financière, logistique et parfois morale.

« Chanson douce », Leila Slimani, Folio, 256 pages, 7,25 €

 

« Panique à Needle Park », James Mills

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Needle Park, New York, 1967. La communauté junkie lutte contre une pénurie de drogue qui rend leur vie impossible. Un jeune journaliste rencontre et suit Bobby et sa petite amie Helen, pendant qu’ils se débattent pour trouver leur dose quotidienne. Un récit poignant qui nous plonge au coeur d’un monde qu’on connaît mal et qui ne pardonne pas. Petits vols, prostitutions, recel… Ils sont prêts à tout pour se défoncer.

D’une qualité littéraire impressionnante tout en s’apparentant à une enquête journalistique, Panique à Needle Park ne laisse personne indifférent, et force même l’admiration pour ces deux jeunes qui s’aiment mais qui sont tellement néfastes l’un pour l’autre. On s’attache à eux, on espère avec eux et on craint pour leur vie dès que la situation devient trop compliquée.

Et si on a aimé la prose de James Mills, il faut absolument regarder le film éponyme de Jeerry Schatzberg, qui date de 1971 et qui nous fait découvrir un jeune Al Pacino dans le rôle de Bobby. Splendide !

« Panique à Needle Park », James Mills, Editions Babel/Actes Sud, 224 pages, 7,80€

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