Avec le retour du froid, on ne rêve que de se glisser sous son plaid sans avoir à sortir de chez soi… Alors la rédaction d’Untitled Magazine vous a préparé une petite sélection de polars à lire par grand froid. Frissons garantis !

Orphelines, Franck Bouysse

Le policier Belony vient tout juste de perdre son épouse, restée vingt ans dans le coma à la suite d’un accident qui a aussi tué leur jeune fils. Anéanti, le policier n’a pourtant pas le temps de pleurer sa mort, un tueur en série s’attaque à de jeunes femmes de la ville, dont on retrouve le cadavre mutilé et étrangement mis en scène. Jubilant de ses actions, le meurtrier observe, analyse et manipule Belony et sa jeune collègue Dalençon. Persuadés qu’il est plus que nécessaire d’arrêter ce criminel au plus vite, ils sont aussi conscients de faire partie d’un plan méticuleusement programmé et doivent en découvrir les tenants et les aboutissants alors même que leurs vies personnelles sont chaotiques : décès d’un proche pour l’un, vie amoureuse compliquée pour l’autre.

Comme pour la plupart de ses romans, Franck Bouysse campe parfaitement bien ses personnages. Le figure de l’assassin est préparée, travaillée avec soin et parvient avec merveille à nous surprendre à la suite d’un coup de théâtre, qui finira par complètement nous déstabiliser. L’environnement et les lieux y sont aussi pour beaucoup : la campagne et la ruralité ne font qu’un avec les personnages créés. Ces lieux sont aussi le témoin de ces drames et de ces crimes.

Un roman noir bien ficelé, guidé par une écriture à la fois poétique et mystérieuse, et qui nous entraîne jusqu’à la dernière page pour y connaitre l’intrigue.

« Orphelines », Franck Bouysse, Editions J’ai Lu, 224 pages, 7,90€

Les femmes qui craignaient les hommes, Jessica Moor

Le corps de Katie est retrouvé dans la rivière de cette banlieue de Manchester. La jeune fille travaillait dans une maison refuge pour les femmes victimes de violences conjugales. L’inspecteur Whitworth qui débute l’enquête pense à un suicide de la part de cette jeune fille. Les femmes du refuge sont interrogées par la police mais elles refusent de parler… Et la police tend à classer la mort de Katie comme suicide.

Dans ce thriller autant psychologique qu’intense, Jessica Moor dessine les traits de la prédation, de femmes qui tentent de reconstruire leur vie après qu’un amant, un mari, un compagnon ait tout fait pour les détruire. Comment imaginer qu’elles pourraient se confier à ces deux hommes en uniforme qu’elles ne connaissent pas, quand on sait également comment elles ont pu être reçues dans les commissariats si elles ont essayé de dénoncer les violences conjugales. Alors qu’elles ont réussi à s’extraire de cet enfer et s’évertuent chaque jour à se reconstruire, la mort de Katie vient rouvrir des plaies encore fraîches et mettre le doigt sur un système de prédation d’une violence inouïe.

Jessica Moor pose cette question sans cesse au fil de son roman, à travers les interactions des personnages, la solidarité tissée entre ces femmes du refuge ou encore au commissariat : que vaut la vie d’une femme ?

« Les femmes qui craignaient les hommes », Jessica Moor (traduit par Alexandre Prouvèze), Editions Belfond, 352 pages, 21€

Je suis Pilgrim, Terry Hayes

Ancien chef d’une unité d’élite des services secrets, Pilgrim a mis à profit, lors de sa carrière, ses enquêtes et infiltrations en tant qu’espion avec ses études en psychologie et médecine pour sortir l’un des plus gros best-sellers de la criminologie. Un ouvrage devenu une référence dans ce secteur ainsi que celui de la médecine légale. C’est un texte qui a fait son usage bien au-delà du cercle restreint des services secrets car mis entre de mauvaises mains, il a été utilisé comme le parfait manuel du crime et a servi à commettre des meurtres « parfaits ».

Rattrapé par son passé d’agent, il doit désormais désamorcer le projet de crime contre l’humanité d’un des plus grands terroristes de la planète. Une course contre la montre est alors lancée et la chasse à l’homme entre Pilgrim et ce terroriste islamiste « le Sarassin » commence.

Sous fond de géopolitique mondiale du 21ème siècle, Terry Hayes s’impose avec Je suis Pilgrim dans le genre policier où l’on découvre la genèse et construction psychologique de deux personnages opposés : un agent des services secrets et un terroriste. Un roman percutant qui allie à merveille le thriller et le roman d’espionnage. 900 pages qui se lisent aussi vite que cette course effrénée contre la montre dans laquelle Pilgrim s’est lancée.

« Je suis Pilgrim », Terry Hayes, Editions Livre de poche, 912 pages, 9,90€