Avec le retour du froid, on ne rêve que de se glisser sous son plaid sans avoir à sortir de chez soi… Alors la rédaction d’Untitled Magazine vous a préparé une petite sélection de polars à lire par grand froid. Frissons garantis !

La fleur de l’illusion, Keigo Higashino

Plongée dans le Japon familial et l’importance de l’héritage générationnel, La fleur de l’illusion nous transporte dans une enquête bien ficelée aux implications toujours plus fascinantes. Tout commence avec le suicide de Naoto, une jeune musicien, qui se jette de sa fenêtre sans raison apparente. Et quelques mois plus tard, c’est son grand-père qui est retrouvé assassiné dans sa maison, entouré de ses fleurs.

Lino décide alors de mener l’enquête : cette cousine de Naoto, ancienne nageuse qu’on promettait à un avenir olympique dans la natation, s’était récemment rapprochée de leur grand-père, qui lui avait parlé d’une fleur mystérieuse qu’il était très fier d’avoir réussi à faire fleurir, et dont il lui avait interdit de parler. Quand elle découvre que le pot a disparu après le meurtre du vieil homme, elle ne peut s’empêcher d’y voir un lien. Sa route croise alors celle de Sota, jeune chercheur dans le nucléaire en crise existentielle sur son avenir professionnel, qui va mêler ses forces aux siennes dans l’enquête.

Roman sur la jeunesse, le poids de la famille et de son regard sur nos choix personnels, La fleur de l’illusion est un polar à l’intrigue bien menée, qui ne dévoile ses fils que très progressivement. Malgré quelques lacunes dans le style de l’écriture qui enlèvent un peu de fluidité au récit, on se laisse avec plaisir embarquer dans l’atmosphère hypnotique de cette enquête sur une fleur japonaise mystérieuse.

« La fleur de l’illusion », Keigo Higashino (traduit du japonais par Sophie Refle), Editions Babel noir/Actes Sud, 352 pages, 8,80€

Les filles de Roanoke, Amy Engel

Polar familial dérangeant s’il en est, Les filles de Roanoke nous plonge dans le Kansas traditionnel, au sein d’une famille dysfonctionnelle, construite sur une pyramide de secrets. Aller-retours entre deux époques, on entre dans la demeure des Roanoke comme dans une maison hantée. Cette maison farfelue perdue au milieu des champs, c’est l’été de ses 16 ans que Lane la rencontre, alors que sa mère vient de mourir et que ses grand-parents veulent s’occuper d’elle. Sa cousine Allegra, de quelques années plus jeune, y vit aussi, et elles vont devenir inséparables le temps d’un été, avant que Lane ne s’enfuit.

Et ce n’est que bien des années plus tard que L’âne remet les pieds à Roanoke : Allegra vient de disparaître. Comme toutes les filles de Roanoke avant elle, elle n’a laissé aucune trace. La malédiction semble perdurer, leurs mères et leurs tantes s’étaient elles aussi enfuies. Mais Lane est persuadée qu’Allegra n’aurait jamais pu quitter Roanoke de son plein gré et qu’il lui est arrivé quelque chose. Mais impossible pour elle de mener son enquête dans cet environnement toxique, où remontent tous les souvenirs de cet été, à mesure qu’elle s’y installe. Tommy, Cooper, ses grands-parents, mais aussi la chaleur moite et les champs de blé de Roanoke, envahissent l’esprit de Lane, et lui rappellent pourquoi elle était partie.

Roman policier où l’enquête laisse très rapidement place aux histoires générationnelles de cette famille dérangée, Les filles de Roanoke ne laisse pas le lecteur indemne et lui fait craindre de tourner chaque page pour en apprendre plus sur cette famille. Glaçant !

« Les filles de Roanoke », Amy Engel (traduit de l’anglais par Mireille Vignol), Editions J’ai Lu, 384 pages, 8€

La fille dans le brouillard, Donato Carrisi

Une jeune fille discrète et appréciée de tous disparaît dans un petit village reculé où tout le monde se connaît… Jusque là, l’intrigue habituelle d’un roman policier quoi. On s’attend donc à ce qu’un enquêteur zélé interroge les parents d’Anna Lou, ses voisins, ses camarades de classe, et qu’on découvre rapidement de profonds secrets cachés derrière une vie d’adolescente rangée. Et c’est là que Donato Carrisi nous étonne une fois de plus : on ne lit rien de tout ça dans La fille dans le brouillard !

Le polar s’ouvre sur le commandant Vogel, l’inspecteur en charge de l’enquête sur la disparition d’Anna Lou presque deux mois plus tôt, victime d’un accident de voiture en pleine nuit et apparemment incapable de se souvenir de la soirée. Son entretien avec le psychiatre Flores sera ainsi l’occasion pour Donato Carrisi de remonter le cours de cette enquête pleine de rebondissements, et qu’on sait capable de dérailler. Vogel passe au peigne fin la vie de la jeune fille, et met en place des techniques d’enquêtes déconcertantes : c’est en collaborant avec les médias sur place qu’il espère attirer l’attention de tout le pays sur cette jeune fille, et piéger le coupable grâce à un coup d’éclat qui sera retransmis sur toutes les chaînes !

Interrogeant sur la place de l’image, des rumeurs et de la réputation dans les enquêtes policières, Donato Carrisi offre encore une fois un polar très réussi, qui nous tient en haleine jusqu’à la fin. Le maître du polar italien nous présente des personnages bien construits et profonds, et on ne sait jamais qui accuser ! A lire pour survivre au dîners interminables en famille pendant les vacances…

« La fille dans le brouillard », Donato Carrisi, Editions Livre de Poche, 352 pages, 7,30€

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