Au sommet de son art, l’auteur nous livre l’histoire d’une mère de famille, épouse et femme emportée par sa quête d’amour et de liberté. Un roman intime sublimé par la plume de Grégoire Delacourt.

L’auteur nous transporte dans la vie calme et routinière d’Emma(nuelle), la quarantaine, mère de trois enfants, épouse heureuse et aimante. Mais Emma c’est aussi une rêveuse, une amatrice d’art, d’opéras, des grandes passions, de la liberté d’aimer et de suivre ses instincts les plus intimes. Une vie calme et paisible prise dans le tourbillon d’une rencontre avec un homme dans une brasserie.

Le tourbillon de la vie

Tous les jours, ils se découvrent du regard, rêvent, s’imaginent, ne se parlent pas tout de suite, mais elle le sait au fond d’elle : elle l’aime, c’est un coup de foudre. Un coup de folie peut-être ? Les instincts et la soif d’aimer d’Emma se réveillent et la font dépasser son cadre de vie équilibré et monotone. Que faire ? Tout quitter pour vivre une grande passion ? Tout au long du roman, Grégoire Delacourt donne au personnage d’Emma l’image de la chèvre de Monsieur Seguin : on prend le risque de s’échapper de son cadre de sécurité pour goûter à la liberté. C’est savoir le danger et prendre le risque de le frôler pour s’oublier. Emma recherche l’amour, la passion des opéras, les grands sentiments.

C’est avec beaucoup de poésie que Delacourt nous fait vaciller dans la magie d’une première rencontre, des premiers émois amoureux, mais aussi des déchirures, du deuil. Un tourbillon de sentiments jusqu’à s’y perdre… ou serait-ce plutôt pour se retrouver et s’y retrouver ? Le lecteur est plongé dans l’histoire intime d’une femme qui fait le choix d’aimer, quitte à se perdre pour mieux se retrouver.

Une grande poésie littéraire

Une histoire passionnante qui n’en est que plus enivrante grâce à la plume de Delacourt. C’est un livre qui, en nous narrant les émois du personnage principal, nous transporte dans des descriptions sensorielles captivantes. Un tourbillon de la vie illustré par un tourbillon des sens, d’une première rencontre à un café, au goût de la peau, en passant par le toucher du bout des doigts.

On pourrait déplorer un manque d’actions ou presque une frustration face à une histoire aux rebondissements peu fréquents. Mais Delacourt préfère s’éterniser sur la rédaction de belles et grandes descriptions afin de nous faire partager au mieux les sentiments d’Emma, ses émotions et ses doutes. En tant que lecteur, on entre dans sa tête, on s’approprie ses sens qui nous font comme un effet miroir. On se perd. On se retrouve.

Il n’est donc pas anodin que Delacourt ait voulu faire de son personnage principal une amatrice d’art, une rêveuse et grande passionnée. Les descriptions, couplées au style d’écriture, nous plongent encore plus dans l’état d’esprit du personnage . Tout y est décrit avec une telle délicatesse, sensibilité qu’on semble s’oublier nous-mêmes et s’approprier les sens du personnage principal. En quelques mots, Danser au bord de l’abîme nous saisit au plus profond de nos sentiments, nous transporte magistralement dans l’histoire d’Emma. Un régal littéraire pour les grands passionnés.

« Danser au bord de l’abîme », Grégoire Delacourt, Editions Livre de Poche, 288 pages, 7,30€

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