Vous aussi vous êtes perdu.e.s avec toutes les sorties récentes, tous les livres qu’on vous conseille et toutes les recommandations des libraires jusqu’à en oublier de lire des bandes dessinées ? Pas d’inquiétude, on a pensé à tout et on vous concocte des sélections de nos BD préférées !

Solitude d’un autre genre, Kabi Nagata

Kabi Nagata est une jeune Japonaise. Dans ce roman graphique, elle dresse son portrait mais aussi celui de la société japonaise.

Dépressive, tantôt boulimique tantôt anorexique, Kabi vit chez ses parents. Elle enchaîne les petits boulots mais rien ne va. Elle se trouve plongée dans la spirale de la dépression. Elle ne comprend pas ce qui lui arrive mais ce qu’elle sait, c’est qu’elle veut qu’on la prenne dans les bras, juste une étreinte.

Ainsi s’engage ce roman graphique. Un récit sur le corps, sur ses transformations quand on souffre de dépression, Kabi Nagata se livre à nous et à nu. D’aucune pudeur, elle nous parle de ses expériences sexuelles qu’elle va tenter pour essayer de sortir de sa dépression. Cette rencontre avec une femme contactée sur une application, que Kabi va retrouver dans ces hôtels appelé love hotel et qui ne va pas forcément répondre à ces questions. Ce que cette BD met aussi en lumière, c’est la situation dans laquelle se trouve la jeunesse japonaise, ce décalage entre l’hyper sexualisation et la réalité.

Avec ce témoignage peu commun, Kabi Nagata signe une BD au langage cru et incisif, tout en étant bouleversante.

« Solitude d’un autre genre », Kabi Nagata, Edition Pika, 152 pages, 18 euros

Mourir partir revenir. Le jeu des hirondelles, Zeina Abirached

La narratrice est une jeune fille, habitant un appartement en plein Beyrouth, situé à deux pas de la ligne de démarcation. Elle y vit avec ses parents, son frère mais aussi ses voisins qui viennent presque tous les soirs se réfugier dans son entrée. Cette jeune fille, avec ses yeux d’enfant, retrace une soirée de 1984 durant laquelle des bombardements s’abattent sur la ville. Alors que tous les habitants de l’immeuble sont sous tension, leurs parents se trouvent à quelques rues de là, chez la grand-mère, et dans l’impossibilité de sortir.

Dans ce roman graphique, Zeina Abirached évoque la guerre du Liban, et plus particulièrement la vie à Beyrouth, une ville alors coupée en deux. Elle retrace l’impact du conflit dans la vie de la population, et cherche à montrer au fil des planches – parfois muettes – les peurs, les tracas et les angoisses qui ne cessent de rythmer la vie des habitants dans ce contexte de guerre civile. Malgré cette situation de danger, la narratrice parvient à mettre en place un récit, et montre la complexité du vécu des personnages et les traces laissées par la guerre en eux.

Grâce à son regard d’enfant et à sa naïveté, elle retranscrit une période noire de l’histoire du Liban, tout en mêlant récit et humour afin d’apporter un beau trait d’humanité malgré la violence et la souffrance des habitants.

« Mourir, partir, revenir, le jeu des hirondelles », Zeina Abirached, Editions Cambourakis, 224 pages, 22 euros

 

Permacomix, vivre en permaculture, mode d’emploi, Cécile Barnéoud & Guizou

Depuis plusieurs années, on entend parler de plus en plus de « permaculture ». Mais ce n’est pas toujours simple de comprendre de quoi il s’agit, et encore moins de le mettre en pratique dans sa vie de tous les jours. Alors grâce à cette jolie BD délicate, on suit un couple belge, Izia et Gaëtan, qui partent en congé sabbatique sur les routes pour en savoir plus sur cette agriculture permanente, ses pratiques et son mode de vie.

A leur suite, c’est tout une nouvelle philosophie de vie qu’on découvre : comment les humains peuvent inscrire leur vie et leur action dans le cycle naturel, respectant leur environnement dans tout ce qu’ils entreprennent. Sans jamais prendre un ton moralisateur, les auteurs donnent trucs et astuces, à travers plusieurs chapitres qui sont les phases de leur voyage. Qu’on vive en ville ou en campagne, des petits gestes sont toujours possibles pour commencer le processus : du lombricomposteur au jardin partagé, en passant par la monnaie locale, on découvre à leur suite une multitude d’actions individuelles et collectives à mettre en place pour aider notre planète.

De très jolis dessins, accompagnés de commentaires à la fois d’Izia et de Gaëtan qui prouvent que la permaculture a des aspects qui peuvent parler à chacun de nous : pas besoin de vouloir devenir agriculteur pour en adopter les habitudes, il peut suffire par exemple de faire réparer sa machine à café plutôt que d’en acheter une neuve !

« Permacomix, vivre en permaculture, mode d’emploi », Cécile Barnéoud & Guizou, Edition Rue de l’Echiquier, 160 pages, 19,90 euros

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