Vous aussi vous êtes perdu.e.s avec toutes les sorties récentes, tous les livres qu’on vous conseille et toutes les recommandations des libraires jusqu’à en oublier de lire des bandes dessinées ? Pas d’inquiétude, on a pensé à tout et on vous concocte des sélections de nos BD préférées !

Falloujah. Ma campagne perdue, Feurat Alani et Halim

Après avoir remporté le prix Albert Londres avec son roman graphique « Le Parfum d’Irak« , Feurat Alani nous emmène de nouveau en Irak, cette fois-ci accompagné par Halim. Et c’est à Falloujah que nous nous rendons désormais, cette ville célèbre ces dernières années pour être tombée aux mains de l’Etat islamique. Mais Feurat Alani s’intéresse à un épisode précédent de la vie tragique de la ville : sa destruction par l’armée américaine en 2004.

Comme dans son roman graphique précédent, les deux vies de Feurat Alani s’entremêlent. Aux souvenirs d’enfance et de campagne – sa famille vient de Falloujah et il y passe des étés à jouer avec ses cousins et à écouter ses oncles débattre – s’ajoutent les souvenirs de reportages – quand il y retourne en 2003 en tant que journaliste. Et dans les années qui suivent, la ville change complètement, elle n’est plus que ruine et la guerre transforme le stade de foot où il allait voir des matchs avec son oncle en cimetière où la population est enterrée.

C’est une véritable enquête que mène Feurat Alani et c’est un scandale qu’il veut faire éclater au grand jour : l’utilisation d’uranium affaibli par les Etats-Unis pour bombarder Falloujah pendant la seconde Guerre du Golfe, responsable de la mort de milliers de civils, mais aussi de la naissance d’enfants victimes de malformations. Un véritable crime de guerre, dénoncé par des experts internationaux, des vétérans américains et des médecins de Falloujah. Un scandale parfaitement raconté par Feurat Alani – et illustré à merveille par Halim et ses traits noirs emplis d’émotion !

« Falloujah. Ma campagne perdue », Feurat Alani & Halim, Editions Les Escales/Steinkis, 120 pages, 18€

Adoleschiante, Marie Donzelli et Mademoiselle Caroline

Nous sommes tous passés par là, ce magnifique monde de l’adolescence, ce passage de l’enfance à l’âge adulte, très souvent accompagné d’une flemme, d’un rejet des parents, d’un langage codé, d’une guerre des boutons et d’une grande dose de « seum ».

Avec Adoleschiante, Marie Donzelli et Mademoiselle Caroline signent une BD drôle et émouvante, vécu et dessiné qui nous transporte dans le fantastique monde de l’adolescence. Elles racontent le quotidien d’une famille heureuse bercée par le doux ronronnement de la crise d’ado de l’ainée, Laura. Avec une bonne dose d’humour, les autrices ont voulu faire un livre choral, mettant en scène plusieurs personnes, formant toute une famille vivant ensemble ce terrible passage. L’adolescence est ici vue et vécue à travers trois portraits sans cesse croisés : Laura, sa mère et le reste de la famille.

La scénariste Marie Donzelli et la dessinatrice Mademoiselle Caroline ont toutes les deux puisé dans leurs propres expériences pour nous faire revivre cette crise d’adolescence et suivre Laura et sa mère. On y parle de l’acné, du linge sale, des livres, du téléphone, de l’amitié, mais aussi de la cigarette, de cet âge de la révolte et des déceptions amoureuses. Ici, ce sont des tranches de vies relatées et tout le monde – ou presque – s’y retrouve et reconnait sa propre adolescence. Parfois marrant, énervant, mais très observateur, avec un dessin propre et fluide, dans un univers très coloré, il relate parfaitement le monde d’aujourd’hui et les différents rencontrés de nos jours dans les familles.

 

 

 

 

 

 

 

 

« Adoleschiante », Marie Donzelli et Mademoiselle Caroline, Edition Delcourt, 254 pages, 27,95€

Peurs Bleues de Mathou

Dans cette BD sous les tons bleus, Mathou nous décrit ses peurs. Des peurs qui l’angoissent, qui lui gâchent la vie, qui peuvent paraître irrationnelles mais pour elle qui sont bien réelles. Sous forme de petits chapitres, elle analyse chacune de ses peurs : la voiture, l’avion ou bien celle de mourir. Avec son dessin rond et des lignes simples, Mathou se livre de façon humoristique.

L’auteure nous dévoile ses peurs toutes personnelles dans une BD humoristique, pleine d’autodérision. A travers le regard des autres, de sa famille, de ses amis, elle se met en scène face à ses peurs quotidiennes qui les amusent ou qu’ils ne comprennent pas. Humour et douceur sont les mots qui caractérisent cette BD.

Cette BD nous aide à relativiser les choses, ces peurs qu’on pourrait croire « idiotes », Mathou nous montre que même si c’est vu comme idiot, elles font partie de nous et on apprend à vivre avec. Une BD attachante et drôle, à dévorer au soleil sous un arbre.

« Peurs bleues », Mathou, Editions Delcourt, 18,95€