Critique : « Soy Nero », un film de Rafi Pitts

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Soy Nero
Copyright 2016 – TWENTY TWENTY VISION FILMPRODUKTION – SENORITA FILMS - PIMIENTA FILMS - ZDFArte

Rythmé, bien senti et très critique envers ce que les américains appellent le « patriot act » et les illusions que beaucoup se font de l’accueil proposé par les Etats-Unis à ses immigrés; sujets qui font actuellement débat en pleine campagne Américaine…

Nero a 19 ans, il vit au Mexique depuis qu’il a été expulsé des Etats-Unis faute de papiers. Très attaché à la culture américaine et à l’idée de retrouver le pays dans lequel il a grandi, il tente coûte que coûte de rejoindre les USA pour y rejoindre son frère dans un premier temps, puis réaliser son rêve et obtenir la nationalité américaine en s’engageant dans l’armée. Un parcours sinueux que va tenter de braver le jeune homme face à de nombreuses barrières.

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L’identité et l’immigration au coeur du scénario

Dans ce cinquième long métrage, Rafi Pitts traite intelligemment du sujet de l’immigration. Pour ce faire, il prend le point du vue d’un jeune migrant. Dans l’imaginaire collectif, le migrant Mexicain lutte et se cache sans cesse pour pouvoir rester aux Etats-Unis, pays dans lequel il vient forcément par nécessité et non par envie. Mais ici, ce n’est pas le cas. Nero rêve de revenir dans le pays qui l’a vu grandir car il aime la culture Américaine, il rêve de pouvoir vivre libre sans avoir à fuir; des rêves qui vont le pousser à s’engager dans l’armée.

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En plus d’être haletante, l’histoire est également émouvante. Le jeune personnage, en quête perpétuelle d’identité, finit par ne plus en avoir aucune : au Mexique il est Américain, ses amis et son entourage savent qu’il n’attend qu’une chose, traverser la frontière le plus rapidement possible. Aux Etats-Unis, c’est un étranger. Il ne cesse de se faire contrôler lorsqu’il marche dans la rue, comme lorsqu’il réussit à retrouver son frère dans une résidence huppée. Les forces de l’ordre le soupçonnent alors de trainer dans le quartier afin de cambrioler les riches propriétaires. Cette situation le pèse sur l’histoire sans que le jeune homme l’exprime, car il préfère affirmer avec assurance qu’il est Américain, qu’il est chez lui sur le sol des Etats-Unis.

Un rôle de taille pour Johnny Ortiz

Dans le rôle de Nero, on retrouve Johnny Ortiz. Assez stoïque, le jeune homme colle parfaitement au caractère du personnage, simple et discret. On y découvre un acteur juste et sincère, qui nous emmène dans sa quête de nationalité Américaine. Pas besoin, donc, de beaucoup de dialogues pour croire en sa motivation. Johnny est également bien entouré dans ce long métrage, par Rory Cochrane – que l’on a notamment pu voir dans Argo et dans bon nombre de séries américaines à succès (24 heures chrono, Les Experts) – et par Aml Ameen, Darrell Britt-Gibson ou encore Ian Casselberry.

Ce drame, qui s’approche parfois de la comédie, et dont la fin sonne comme un film de guerre, est une belle réussite pour le réalisateur Iranien. Surtout dans une période où les questions d’identité et de nationalité sont au centre de nombreuses préoccupations.

https://youtu.be/mUAc9GztofE

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