L’année 2014 a permis à un certain nombre de spectateurs de découvrir l’existence d’un cinéma kazakh, qui trouve difficilement le chemin jusqu’à nos salles. Ainsi, après Leçons d’harmonie d’Emir Baigazin et L’Etudiant de Darejan Omirbaev, sort Naguima, de la réalisatrice Janna Issabaeva.

Récompensé par le Grand Prix du Festival du Film Asiatique de Deauville 2014, ce qui lui a peut-être permis de trouver une date de sortie française, le film suit le parcours de Naguima, jeune femme vivotant dans un quartier poussiéreux d’Almaty avec Amia, sa sœur d’adoption, enceinte et souffrante. Le passage à l’âge adulte de l’orpheline se fait toujours plus difficile sous l’œil de la réalisatrice, qui dès l’introduction, ne ménage pas son spectateur par des plans trop longs et poseurs. L’empathie cherchée, survendue par une victimisation maniérée, ne prend donc pas, et amène lourdement la portée sociologique attendue.

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C’est dans les moments de pur vide, lorsqu’étendue de tout son long ou recroquevillée au milieu de ses couvertures, Naguima fait face à la perte et l’abandon, tout de même portée par l’ellipse qui fait avancer le temps vers un possible renouveau, que le film effleure une sensation de puissante fragilité. Sans changer, les regards vides s’emplissent alors d’une émotion espérée. La jeunesse kazakhe orpheline dévoile sa perdition. Mais, noyé sous sa tristesse forcée et alourdi par un geste final choc, le film laisse s’échapper un désespoir nuancé, qui se serait révélé passionnant.

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