Dans le style décalé et touchant qu’on lui connait bien, Sébastien Betbeder signe avec « Le voyage au Groenland » un métrage léger et attachant, qui, s’il ne transcende pas le genre, vous fera forcément sourire . 

Thomas et Thomas sont meilleurs amis depuis que leur étrangeté respective les a rapprochés à un cours de théâtre. Bien décidés à prendre l’air et à s’échapper d’une vie parisienne qui n’est pas des plus trépidantes, ils prennent l’avion direction le Groenland pour rejoindre le père de Thomas. Entre courses de chiens de traîneau, chasse au phoque et chansons inuits, les rapports entre Thomas, son père et son ami Thomas vont tranquillement évoluer au sein de ce microcosme glacé.

© UFO distribution
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Microcosme inuit

Avec ce Voyage au GroenlandSebastien Betbeder renoue avec des paysages imaginés et des acteurs qu’il avait déjà mis en scène dans Inupiluk + le film que nous tournerons au Groenland. Le projet de rejoindre le père de Thomas, un jeune homme légèrement décalé -interprété par un Thomas Blanchard parfait, que l’on avait déjà adoré dans Préjudice– se concrétise enfin. Sur la banquise, Thomas Blanchard et Thomas Scimeca -aussi étonnant qu’hilarant- retrouvent le père exilé depuis un certain temps dans un village inuit. Un cadre minuscule propice aux situations les plus touchantes, mais aussi les plus drôles, lorsque notamment les deux Thomas rentrent chez eux et que commence un très long et très gênant jeu de regard avec un chasseur inuit armé de son grand fusil.

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Décalage sympathique

Un peu sur le même ton que Marie et les naufragésLe voyage au Groënland mise tout sur l’interprétation de ses acteurs, dont le jeu oscille entre regards bêtas et mouvements maladroits. Tous les deux brillants, ils portent le film et contribuent à son capital sympathie. Comme à son habitude, Sebastien Betbeder mise sur le léger et le décalage qui tend vers l’absurde, sans vraiment pousser l’intention plus loin comme peut le faire Antonin Peretjako.  C’est dommage, mais l’impression générale reste plaisante : on passe un très beau moment, et les scènes qui se concentrent sur les relations un peu maladroites, bien qu’aimantes, entre père et fils apportent une petite touche délicate qui complète ce tableau adorable.

Le voyage au Groenland touche et fait rire, porté par deux acteurs hilarants qui permettent d’oublier un peu le manque d’audace du réalisateur. Dessiner l’absurde c’est bien, aller au bout, c’est mieux.

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