Surréaliste et décalé au possible, La Loi de la jungle ne ressemble à aucun autre long-métrage. Loin des codes classiques des comédies françaises, il explore un terrain moins « grand public » qu’est l’absurde.

Stagiaire au ministère de la Norme, Marc Châtaigne (Vincent Macaigne) est envoyé du jour au lendemain en Guyane afin de superviser et de lancer le projet «Guyaneige». Cette piste de ski en intérieur, qui aura pour but de relancer le tourisme, se dressera au coeur de l’Amazonie, un vrai souci tant le terrain paraît inconstructible. Accompagné sur place de Tarzan, jouée par la charmante Vimala Pons, les deux apprentis aventuriers vont se retrouver perdus au coeur de la forêt et devront faire face à de nombreux imprévus.

©Sidonie Pontanier
©Sidonie Pontanier

Eric et Ramzy avaient déjà approché ce concept de l’absurde avec La Tour 2 contrôle infernale. Cette fois-ci c’est Antonin Peretjako qui s’y met. Un film réussi dans l’ensemble car l’histoire, malgré son imprbabilité, tient debout. Avis aux amateurs d’animaux sauvages et de petites bêtes : mygales, serpents, scorpions et autres sont partout. Le jeune réalisateur profite de ce film et de son décalage total pour aborder des sujets plus compliqués comme la politique et les hommes corrompus au plus haut de l’Etat. Il égratigne également sans mal le braconnage subi par ce territoire français situé en plein milieu de l’Amérique, le tout en se servant de clichés sur la Guyane et en les amenant aussi loin que possible tout au long du film comme le raconte le réalisateur : « Le film est construit sur le principe de la douche écossaise, je tente d’aller très loin dans un sentiment puis très loin dans un autre. C’est un mélange de styles, en cela c’est un film baroque : un mélange des contraires ».

Une combinaison de différents acteurs est également à ne pas manquer. Vincent Macaigne est ici dans un rôle taillé sur-mesure. Habitué des comédies absurdes comme Des nouvelles de la planète mars dans lequel il jouait un homme perturbé aux côtés de Francois Damiens, l’acteur donne ici la réplique à la jolie Vimala Pons, qu’on a pu apercevoir dans le film Elle, récemment nommé au Festival de Cannes. Mathieu Amalric, Pascal Légitimus, Jean-Luc Bideau ou encore Fred Tousch complètent ce casting de qualité.

©2015 RECTANGLE PRODUCTIONS – FRANCE 3 CINEMA – ORANGE STUDIO – SCOPE PICTURES – IMAV EDITIONS
©2015 RECTANGLE PRODUCTIONS – FRANCE 3 CINEMA – ORANGE STUDIO – SCOPE PICTURES – IMAV EDITIONS

A la recherche du film cartoonesque à tout prix, Antonin Peretjako a décidé de donner une cadence particulière à son film : « On est autour de 22 ou 22,5 images/seconde. Ca donne des voix un peu plus aiguës, une légère accélération assez comique ». Effectivement, ce changement se ressent et il faut un certain temps pour s’habituer à ces voix que l’on a du mal à reconnaitre lorsque l’on a déjà vu les acteurs à l’écran.

Un conseil, si vous avez la tête sur les épaules et des idées bien claires de ce qu’est une comédie française, ne vous précipitez pas trop en salle pour voir ce film. Sinon, contentez-vous de vous laisser doucement emporter dans le monde d’Antonin Peretjako où règne l’absurde.

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