Daphné (Daphne Scoccia) s’avère plutôt douée pour placer son couteau sous la gorge des usagers du métro Romain et les délester de leur smartphone. Malheureusement pour elle, c’est la case prison pour mineurs qui l’attend. Elle y croise Josh (Josciua Algeri), délinquant et ado à fleur de peau comme elle. Les premiers émois naissent en même temps que les astuces trouvées pour échanger des lettres ou se voir au détour d’un couloir.

Copyright Paradis Films
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Romance en cage

Claudio Giovannesi à déjà réalisé plusieurs documentaires. Avant de réaliser son film, c’est notamment ce qui l’a poussé à se renseigner sur le milieu carcéral à travers divers ateliers cinématographiques pour incarcérés. Tourné dans la prison désaffectée de l’Aquila, Fiore constitue une véritable immersion dans le milieu souvent fantasmé du redressement par l’isolement.

Comment les émotions propres à l’adolescence peuvent-elles naître dans un tel milieu restrictif ? C’est en quelque sorte le contrat en filigrane qui suit tout le film. En adoptant uniquement le point de vue de Daphné, le réalisateur montre comment la jeunesse prête à tout pour un peu de liberté et d’émotions se débrouille pour les trouver là où on les attend le moins. Pudique dans sa description de l’idylle des deux tourtereaux, Fiore l’est aussi dans la démonstration répressive du milieu carcéral. Pas complaisant pour un sou, avec ses lots de punitions injustes, insultes et crêpages de chignons, le film n’en rajoute pas outre mesure et s’honore à laisser une impression de réalisme, qui reste malgré tout sans étincelles.

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De la tendresse sans émotions

Cette impression de réalisme, c’est sans doute ce qui se détache le plus du film. Une jeune héroïne frêle et sensible dans un monde d’isolement, dont le père, lui-même ancien détenu, qui fait ce qu’il peut pour l’aider. Un autre délinquant qui sort plus tôt que celle qu’il aime. Des prisonnières agressives et sectaires. Tous ces personnages font peser la crainte sous-jacente du cliché narratif qui viendrait pointer le bout de son nez, mais Fiore esquive avec habileté les facilités scénaristiques. A force d’éviter les balles du poncif, Claudio Giovanesi finit par livrer une romance pudique sans excès émotionnels, un film sur la prison sans prises de positions critiques, un moment agréable mais qui manque de piment dans la forme et le propos.

Fiore ne marquera pas particulièrement, mais on relèvera tout de même la direction d’acteurs impeccable, et l’interprétation de la jeune Daphne Scoccia qui, pour son premier film, livre une performance toute en délicatesse et sensibilité.

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