Alors que la première guerre mondiale est terminée, Georges, l’un de ses héros, s’est enfui en Afrique, loin de son passé afin de vivre une aventure nouvelle. Le nomade se balade de ville en ville jusqu’au jour où il décide de rentrer en France. Arrivé dans l’hexagone, il retrouve sa mère et son frère Marcel, invalide de guerre, devenu sourd et muet. Georges va alors devoir se réadapter à une société qui a changé et vécu sans lui, aidé notamment par Hélène, professeur de langue des signes avec qui il entretient une relation compliquée.

Copyright Alberto Bocosgil / Polaris Film Production
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Pour un premier long-métrage, Emmanuel Courcol met la barre haute. Les images sont belles, travaillées et on se retrouve rapidement immergés dans cette période d’après-guerre au coté des personnages. Mention spéciale au grandiose plan séquence très réussi en ouverture, au coeur des tranchées ravagées par les bombes ennemies.

Destructions psychologiques

Le scénario est intéressant et malgré la gravité de la situation, le réalisateur ne nous offre pas un film plein d’émotion et rempli de clichés sur la guerre. On apprend petit à petit à connaitre chaque personnage, qui ont chacun un réel intérêt et de profondes blessures liées à la guerre. C’est d’ailleurs autour de ça que le film est tourné. Georges a un mental très atteint par les combats qu’il a vécu, Marcel a de nombreuses séquelles comme la perte de l’ouïe et de la parole et enfin l’ex-compagnon d’Hélène est dans un état mental désastreux.

Copyright Alberto Bocosgil / Polaris Film Production
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Côté casting, Romain Duris est crédible dans ce personnage que l’on a peu l‘habitude de voir. Un ancien soldat, plein de virilité et qui tente de se réintégrer à la société française après avoir fui son pays au lendemain de la guerre. Hanté par ses milliers de morts et par le bruit des balles, il tente de se reconstruire dans un contexte familial difficile. Gregory Gadebois est parfait dans ce rôle très intérieur, peu expressif, mais dont une émotion forte ressort. Enfin comme à son habitude, Céline Salette est excellente. Elle transmet admirablement ce traumatisme vécu par tous ces personnages.

L’Afrique en lumière

La partie en Afrique s’incorpore parfaitement au scénario et l’on fait la rencontre d’un personnage attachant, Diofo, l’accompagnateur de Georges. La population du Burkina Faso et du Sénégal où ont été tournées de nombreuses séquences a d’ailleurs pu participer à quelques scènes et les acteurs ont même été recrutés directement sur place.

Si Sous le même toit aura certainement un succès plus large en salles, la comédie rassemblant souvent plus de cinéphiles, Cessez-le-feu est un film à ne pas louper. La période racontée, la manière simple de la retranscrire et le casting très juste en font un excellent film français. Chapeau bas donc, à Emmanuel Courcol pour son premier long-métrage.

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