Dorothea n’arrive pas à comprendre les changements de son époque. Elle fait alors appel à Abbie et Julie. Les deux jeunes femmes vont alors aider son fils de 15 ans à traverser l’adolescence.

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Cliché quand tu nous tiens

Près de 5 ans après Beginners, Mike Mills présente 20th Century Women, son troisième long-métrage. Pendant deux heures, le réalisateur américain réussi le pari de regrouper tous les clichés du film indépendant jusqu’à frôler l’overdose.

Pourtant ça commençait bien. Les thèmes abordés au début du film sont intéressants. Comment une femme de cinquante ans peut-elle s’adapter à une époque en plein bouleversement ? Elle ne comprend pas le punk, elle ne comprend pas les jeunes et surtout se sent démunie face à son fils de 15 ans. Le personnage joué par Annette Bening restera d’ailleurs le plus intéressant du film malgré de grosses faiblesses d’écriture. En voulant faire le portrait de trois femmes de générations différentes Mike Mills s’emmêle les pinceaux et n’approfondit aucunes des trois, les rendant au mieux incomprises, au pire inintéressantes.

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Scénario catastrophe pour réalisation intéressante

A la réalisation et au montage, Mike Mills et Leslie Jones (chef-monteuse) ont pris des risques payants. A l’aide d’effets visuels ils rendent l’image et le rythme très intéressants. Mais ça ne rattrape pas les grosses lacunes de scénario. En ce sens 20th Century Women est à l’inverse de Certaines Femmes de Kelly Richards qui souffre d’une réalisation monocorde et ennuyeuse mais d’une puissance dans l’écriture des personnages.

Mike Mills donne l’impression de ne pas réussir à dresser autant de portraits en même temps. Trop de personnages mais surtout trop de sujets sont abordés. Ainsi l’époque, le féminisme, l’adolescence… Tous ces thèmes sont survolés et aucun n’est vraiment approfondi. Il en résulte un traitement grossier et stéréotypé laissant au spectateur un sentiment d’inachevé. Si les 20 dernières minutes relèvent le niveau, elles laissent surtout un sentiment de grande frustration.

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Casting à la rescousse

Du côté du casting par contre il n’y a pas grand-chose à redire. Annette Bening est parfaite dans son rôle de mère perdue face à son fils. Le jeune Lucas Jade Zumann (Sinister 2) est étonnement juste dans le rôle de Jamie alors qu’Elle Fanning hérite d’un rôle -un peu trop- sur mesure. Dans le rôle d’Abbie, Greta Gerwig est irréprochable. Elle interprète avec beaucoup de justesse et de nuances les deux scènes fortes de son personnage. Malheureusement, elle souffre du même mal que son partenaire Billy Crudup, avec un personnage extrêmement cliché à la limite du grotesque.

Malgré des efforts faits à la réalisation et au montage ainsi qu’un casting sur-mesure, le film de Mike Mills nous laisse sur notre faim et ne convainc vraiment pas.

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