Après un EP prometteur en 2014, le duo lyonnais Black Lilys sort enfin son premier album, Boxes. Un disque magnétique empreint de douceur et de sensibilité.

C’est d’abord la chanteuse Buridane qui, lors d’un entretien en 2017, nous avait parlé de Black Lilys, un frère et une soeur également originaires de Lyon, qui n’avaient jusqu’ici sorti qu’un EP en 2014. Quelques mois plus tard, nous découvrions avec impatience leur premier album, Boxes, sorti le 30 mars sur le label La Ruche.

Un duo fusionnel

Dès la première écoute, la voix éraillée de Camille nous frappe au coeur. Plus que voilé, écorché, son timbre vibre comme la corde d’un violoncelle sur les notes de guitare de son frère, Robin. Une voix et une guitare, voilà ce qui fait l’essence de Black Lilys. Rien de plus simple et pourtant, en y ajoutant des rythmiques sourdes et profondes, en recréant un univers sonore mystique et sombre autour de ces deux lignes directrices, le groupe parvient à tisser un monde à part, une atmosphère tantôt glaciale et déchirante, tantôt organique et contemplative.

La complicité du duo s’entend et se voit sur scène. On les retrouve d’ailleurs interprétant une danse hypnotique dans le clip de Blood Ties. Plus ambitieuse encore, la vidéo de Boxes nous emmène en bord de mer, où la danse est toujours présente. Un peu comme si la musique de Black Lilys ne pouvait être que la bande-son d’un lâcher-prise, d’un abandon des sens et des émotions.

(c) Anne-Laure Etienne

Un disque hypnotique

L’album Boxes s’ouvre donc sur la chanson Blood Ties, où d’emblée la voix de Camille, cette « voix de fée mélancolique » comme l’appelait Mathias Malzieu, le chanteur de Dionysos, nous transporte dans une autre dimension. Sur Boxes, la rythmique se mue en une marche pesante. Une armée d’ombres semble défiler tandis que le morceau gagne en intensité. La couleur épique de Nightfall contraste avec l’infinie douceur de Dust Of You où la guitare s’impose, soutenue par le piano sur le solo final, sensible et poétique.

Sans surenchère dans l’élégie, le groupe sait aussi créer des pauses et des respirations dans un album riche, comme sur le morceau Shelter, plus minimaliste. L’orgue d’Istanbul introduit des sonorités gothiques qui s’épanouissent sur Behind The Scene, un morceau qui nous rappelle les plus sombres ballades de jeunesse d’Evanescence. On pourrait aussi citer Björk pour évoquer l’étrangeté magnétique qui se dégage des mélodies de Black Lilys. Sur Colour My Soul, la fée Camille semble nous murmurer des incantations magiques, charmantes et enveloppantes. Les chuchotements continuent sur l’ouverture de Mama Bi Mena, un titre qui clôt parfaitement ce disque-voyage sur une note d’exotisme. Les sortilèges ont fonctionné, avec Boxes, Black Lilys nous a bel et bien envoûtés.

Black Lilys, album Boxes disponible depuis le 30 mars 2018.

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