L’espace Archive 18-20, lieu atypique parisien, propose jusqu’au 11 mars, la première exposition en France de l’artiste japonais Shohei. Fils du célèbre dessinateur de manga Katsuhiro Otomo, il nous embarque dans une satire japonaise aux doux airs de révolte.

Un lieu pluriel

Archive 18-20 est un lieu où se mêlent mode, Lifestyle, décoration et art. Cette pluralité se veut retranscrire l’environnement esthétique de la marque pour homme Ly Adams. Elle amène avec elle son univers d’inspirations. Sa fondatrice, Séverine Lahyani, pense la mode comme un tout et s’imprègne aussi bien de grandes figures iconiques comme Gainsbourg ou David Bowie que d’ambiances que lui inspirent les parfums ou ce qu’elle voit dans son quotidien. Mais plus que tout, c’est la psychologie masculine qui la fascine : comment l’homme se pare de subtilité, d’élégance et de charme en réinventant toujours sa manière de porter le vêtement. Dans cet esprit total, elle a voulu inclure les arts plastiques. 

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Archive 18-20

Shohei ou l’art précis de l’ironie

Le lieu se prête bien à l’exposition décalée et puissamment ancrée dans le présent qu’offre l’artiste japonais Shohei. Dessinateur et illustrateur, il s’est associé au guitariste Cutsigh (aka KASAI) et propose un voyage où la boucle incessante de la musique se mêle à la satire d’une société bien (trop ?) rigoureuse. D’un côté l’image, de l’autre le son, unis tout deux pour d’infinis tours sur un vinyle. Loop, nom de la boucle que fait l’aiguille de la platine une fois qu’elle lance la musique, donne son nom à l’exposition. Ce cycle se retrouve dans les extrémités que dénoncent Shohei : la drogue et la police. Dans une société japonaise où le moindre tort est punissable de prison ferme (détention et consommation de canabis compris), l’artiste fabrique ironiquement des images oximoresques. Il dessine au stylo bille, ne laissant aucune marge d’erreur à la production de son travail et rappelant la rigidité policière en place. Pourtant le sujet, lui, se permet des excès. Visages penchés, insignes en avant et mains en mouvements, les policiers prennent du crack, mangent des spaces cakes et fument des joins. L’artiste réduit  ses personnages au seul geste de la consommation. La précision photographique de son travail fige les paradoxe d’un mondes où se côtoient toutes formes d’excès. Shohei déplace ces actes incongrues dans une réalité parallèle qu’il est bon de questionner.

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Vue d’exposition


Loop, jusqu’au 11 mars 2017
ARCHIVE 18-20, 18-20 rues des Archives, 75004 Paris
Entrée libre

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Rédactrice en chef de la section art - La tête en l'air, les yeux droit devant, le cœur accroché, la main vive, la langue déliée et l'amour de l'art, toujours.