Jusqu’au 29 janvier 2017, le petit Palais se met au pastel avec Albert Besnard. Couleurs mêlées, douces et claires habillent la haute société de la Belle Époque. Un enchantement pour les yeux qui rappelle à nos souvenirs ce peintre auréolé de gloire en son temps.

Albert Besnard (1849-1934) a été membre de l’Académie des Beaux-Arts, directeur de la Villa Médicis et directeur de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris. S’il a rapidement été rangé dans la catégorie des peintres sans véritable intérêt, l’exposition que propose le petit Palais promet sa redécouverte. Sa technique de la couleur, l’intimité qui transparaît de ses portraits et l’ambiance mondaine qui en émane redonnent un nouveau souffle à sa peinture. 

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Albert Besnard (1849-1934), Portrait de la comtesse Maurice Pillet- Will, vers 1900-1905 © Lucile Audouy – Albert Besnard (1849-1934), Portrait de Madame Bardet, 1893 © Lucile Audouy – Portrait de madame Roger Jourdain, 1886 ou 1896 © RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

Couleurs téméraires 

Albert Besnard commence à peindre alors que les impressionnistes s’émancipent des dogmes enseignés. Lui suit la voie académique. Il gagne le Grand Prix de Rome en 1874 (prix mondialement connu). Ses portraits connaissent rapidement le succès. Sa technique réaliste et son souci du rendu émotionnel permettaient à ses toiles une expression au plus près de la psychologie de ses modèles. Il s’émancipe un peu de ces transpositions au contact des préraphaélites. Sa palette prend des tournures plus vives. Les parures des femmes sont éclatantes, les peaux lumineuses, les caractères discernables. Et pourtant, en 1885, lorsqu’il commence sa série d’eaux-fortes sur les femmes, il plonge dans l’univers symboliste de l’époque, un univers perplexe où l’étrange et l’incertain sont omniprésents. La peau laiteuse de celles qu’il peint est ambiguë : de beautés parfaites elles peuvent être perçues comme inquiétantes. Dangereusement belles, elle sont cachées dans une peinture fumée où les fantasmes se libèrent. Objet délicat, ces chairs sont bien mystérieuses. Le peintre manie la couleur comme il créé son monde. Il sublime ces mondaines que le faste habille à merveille et exacerbe les incertitudes de l’âme.

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Albert Besnard (1849-1934), Féérie intime, 1901 © Lucile Audouy – Baigneuse, 1888 © RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

Habiller l’intérieur

Si Albert Besnard faisait preuve d’une maîtrise toute particulière pour décrire le mystère et l’apparat des corps, il permit également le renouveau intérieur par ses qualités de décorateur. À l’époque où les découvertes biologiques influençaient les ornementations, Besnard mêle allégories, représentations scientifiques et mythologiques. Le thème fameux des vanités est reprit dans les décorations intérieures. On redécouvre la représentation des saisons. Besnard s’attaque à d’immenses surfaces et met en couleur et en images aussi bien des scènes de mondanités que des allégories du temps. Les commandes de l’Etat et des municipalités qu’il honorait participèrent de sa renommée. Il peint notamment l’immense coupole du vestibule du Petit Palais.

L’exposition, Albert Besnard Modernité Belle Époque si elle reste une rétrospective didactique, permet de plonger dans l’univers onirique et poétique du peintre. Un peintre qui jouait avec les couleurs pour représenter la beauté mystérieuse de la vie.

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Albert Besnard (1849-1934), Coupole du Petit Palais,

Albert Besnard, Modernités Belle Époque
jusqu’au 29 janvier 2017
Petit Palais
Avenue Winston Churchill 75008 Paris,
Plein tarif : 10 euros, Tarif réduit : 7 euros, Gratuit : – 18 ans

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Rédactrice en chef de la section art - La tête en l'air, les yeux droit devant, le cœur accroché, la main vive, la langue déliée et l'amour de l'art, toujours.