Jusqu’au 11 septembre 2017, le Centre Pompidou accueille l’œuvre de Hervé Fischer. Théoricien et artiste, ce dernier nous pousse à réfléchir la manière dont l’art et la société se rencontrent, s’embrassent et s’empoisonnent.

Hervé Fischer (1941-), artiste franco-canadien, s’est toujours opposé à l’élitisme artistique et a fait de la société son champ de recherche. Depuis les années 1970, il a refusé la peinture, son premier moyen d’expression, a mené des projets participatifs, et est revenu à l’étude picturale, ce en observant toujours combien la société modèle nos mythes et nos manières de vivre.

La société comme inspiration

La pratique de Hervé Fischer s’appuie sur ce qu’offre la société. Signalisations, formes simples et presque schématiques interrogent le spectateur sur la place actuelle de l’art. Élément le plus manifeste de ces questionnements, le panneau « stop » détourné en Art-Avez-vous quelque chose à déclarer ? trône sur les pavés du parvis du Centre Pompidou. En s’adressant aux regardeurs -et ici, aux passants- l’artiste place tout un chacun comme acteur de l’art. Il pousse alors à faire parler, à affirmer une opinion, à oser un avis. Hervé Fischer s’inscrit dans la lignée des artistes, qui comme Duchamp ou Beuys pensent le regard du spectateur comme modelant l’œuvre. Il dépasse cette idée en laissant la définition même de l’art comme propriété plurielle. L’élitisme n’est plus, chacun peut oser un mot.

Herve Fischer, La société de consommation, Nature Morte, 2007, Collection particulière

L’émergence de la mythanalyse

Laisser la parole tout en l’observant, c’est ce que représente l’artiste dans ses travaux. Dès la naissance d’Internet, il s’engouffre dans cet espace infini et y plonge toutes les utopies d’un monde ouvert. La révolution du numérique le fascine et il s’empare des nouveaux items qu’elle engendre. Codes barre, hashtag et code qr sont érigés en symboles sociaux. En parallèle- et en lien-, il s’est passionné pour la mise en forme des mythes modernes. Si l’antiquité a toujours son rôle (inconscient) à jouer dans nos manières d’envisager nos quotidiens, les avancées scientifiques, les théories psychanalytiques et philosophiques ont permis au monde de construire un nouvel imaginaire. Le net participe alors de ces nouvelles manières de dire le présent et de bâtir l’avenir.

Herve Fischer, Code Quick Response, une société planétaire, 2016 © D.R.

 

Par des formes simples et accessibles, Hervé Fischer s’adresse à ceux qui pourraient se sentir délaisser. Il actualise ainsi l’une des définitions de l’artiste contemporain qui soulève des questionnements et laisse libre le champ des réponses.

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Hervé Fischer et l’art sociologique, jusqu’au 11 septembre
Centre Pompidou,
Plein tarif : 14€, tarif réduit : 11€

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Rédactrice en chef de la section art - La tête en l'air, les yeux droit devant, le cœur accroché, la main vive, la langue déliée et l'amour de l'art, toujours.