Une bonne comédie saupoudrée d’un casting sympathique, c’est un peu la recette idéale pour oublier la grisaille qui gagne malheureusement de plus en plus du terrain… Sur le papier, « Eurêka » rempli le contrat. Hélas, sur le papier seulement…

La scène s’ouvre sur Olivier Enjalbert, un scientifique qui dédie sa vie à la construction d’un réacteur (ne nous demandez pas à quoi sert ce réacteur, l’histoire ne le dit pas…) bavardant dans son salon avec son vieil ami Bertrand. Olivier a convié ce dernier pour lui apprendre -et nous apprendre, par la même occasion- les raisons du récent suicide de sa femme Chantal. Dans une ultime lettre, la défunte exige que l’on masque son acte en le faisant passer pour un meurtre. Ainsi, les deux amis pourront se partager l’argent de l’assurance vie. De son côté, Olivier aura enfin les fonds nécessaires à la finition de son fameux réacteur (non, nous ne savons toujours pas à quoi il sert, arrêtez d’insister !). Quant à Bertrand, l’écrivain raté, cette belle somme pourrait bien lui servir à… à… eh bien, à acheter une kyrielle de bouteilles de whisky ! Sans oublier que la sale tâche est facilitée par le fait que sévit, depuis quelques temps dans la région, le « tueur des ponts ». Un homme qui n’a pas trouvé meilleure activité que de traquer des femmes, les tuer et jeter leur corps du haut d’un pont. Soit ! Allez hop, balançons Chantal, et l’arnaque à l’assurance est dans la poche ! Seulement, quelques mois plus tard, l’arrivée d’une jeune ingénue, Charlotte Lassalle, va mettre la pagaille dans ce plan machiavélique. Passons sur la suite de l’intrigue, tout d’abord pour vous laisser le loisir de la découvrir par vous-mêmes, mais aussi et surtout parce que le pitch est déjà bien assez tiré par les cheveux comme ça, n’en rajoutons pas…

Une histoire alambiquée et peu crédible, donc, qui aurait pu être relevée grâce au talent des comédiens ou à de cocasses moments. Malheureusement, cela n’arrive pas vraiment. Alexandre Pesle (Sylvain de « Caméra café ») est légèrement en surjeu dans le rôle d’Olivier et n’a pas l’air de beaucoup croire à la situation. Charlotte Matzneff « fait le travail » dans le rôle qui porte le même prénom, ni plus, ni moins. Il n’y a guère qu’Eric Laugérias qui parvient à nous faire sourire, voire rire. Allez savoir si cela est grâce à son talent comique ou à une partition légèrement plus soignée. Ou bien la réponse se situe-t-elle tout simplement quelque part entre les deux hypothèses? En bref, une pièce de Jean-Paul Bathany qui, on le déplore fortement, n’a pas grand intérêt.

photoeureka2 eureka-4


Eurêka
Au théâtre des Variétés
7, Boulevard Montmartre, 75002 PARIS
Du Mercredi au Samedi à 19H et le Dimanche à 16h30
Tarif :Entre 9 et 29 euros

SHARE