Comme chaque semaine, nous vous proposons notre sélection des films à voir : du nouvel Emmanuel Bercot au western initiatique. 

« Theeb », réalisé par Naji Abu Nowar

Prix Horizons pour la meilleure réalisation à la Mostra de Venise en 2014 et Oscar du meilleur film étranger en 2016, le film se déroule dans le désert de Jordanie, en 1916. Un jeune bédouin, Theeb (Jacir Eid), refuse de quitter son frère Hussein (Hussein Salameh) et le suit lorsque celui-ci est contraint par les coutumes bédouines d’accompagner un soldat britannique. Le jeune Theeb se lance alors sans le savoir vers un contexte géopolitique qui le mènera au devant d’épreuves insoupçonnées.

Pour son premier long-métrage, Naji Abu Nowar livre un film passionnant sur une aventure initiatique. Devant des paysages magnifiques et encore trop peu représentés, une humanité est mise à mal par l’évolution du monde, entre guerres et technologies. En reprenant les codes d’un des genre les plus mythiques du cinéma, le western, Theeb s’affirme comme une oeuvre ravissante qui allie sans peine Orient et Occident à travers une narration originale.

https://youtu.be/7wNs8VW-HVg

« Arès », réalisé par Jean-Patrick Benes

C’est dans une France devenue pauvre et dans un Paris ou se côtoient bidonvilles et grands sièges de multinationales que se déroule ce film de science-fiction. Dans un pays au bord de la révolte où les chômeurs se comptent en dizaine de millions, les gens se divertissent devant l’Arena; un sport de combat qui sert notamment de vitrine pour les nouvelles drogues des entreprises pharmaceutiques. Reda Kowalski, un ancien champion du nom d’Arès, relégué au rang de loser cynique, se voit obligé de tout mettre en oeuvre pour sauver ses nièces et sa sœur lorsque cette dernière se fait arrêter.

Arès se révèle être un film d’anticipation rempli de nombreux défauts, qui raviront un public adepte de relever les moindres erreurs de scénario. Il mérite pourtant d’être défendu pour son ambition, qui parvient à instaurer un univers visuel intéressant, dans lequel on retrouvera sans mal les nombreuses inspirations iconiques du réalisateur : un film d’action et de science-fiction qu’il serait tentant de rejeter en bloc si la mise en scène ne parvenait pas à atteindre cet univers aguicheur.

https://youtu.be/ehp3w7hD09M

« La fille de Brest », réalisé par Emmanuelle Bercot

Dans son hôpital de Brest, une pneumologue découvre un lien direct entre des morts suspectes et la prise d’un médicament commercialisé depuis 30 ans, le Mediator. De l’isolement des débuts à l’explosion médiatique de l’affaire, l’histoire inspirée de la vie d’Irène Frachon est une bataille de David contre Goliath pour voir enfin triompher la vérité.

Avec un suspens et un rythme habituellement propres aux thrillers, Emmanuelle Bercot creuse son sujet avec une énergie et une intensité folles. Pas peureuse, elle met les pieds dans le plat et fait l’autopsie de ce scandale qui a bousculé l’hexagone, en suivant une forme très contrainte certes, mais qui aura le mérite de la crédibilité et de la tension permanente. Un bon drame, qui à défaut d’être bouleversant reste intéressant.

https://youtu.be/g9BfUhVupK4

« Louise en hiver », réalisé par Jean-François Laguionie

À la fin de l’été, Louise voit le dernier train de la saison, qui dessert la petite station balnéaire de Biligen, partir sans elle. La ville est désertée. Le temps rapidement se dégrade, les grandes marées d’équinoxe surviennent condamnant maintenant électricité et moyens de communication. Fragile et coquette, bien moins armée que Robinson, Louise ne devrait pas survivre à l’hiver. Mais elle n’a pas peur et considère son abandon comme un pari. Elle va apprivoiser les éléments naturels et la solitude. Ses souvenirs profitent de l’occasion pour s’inviter dans l’aventure. Jusqu’à ce qu’une explication lui soit révélée et que tout rentre dans l’ordre.

A superbes et flottants coups de gouache et de pastels, Jean-François Laguionie capte et peint une atmosphère impressionniste vibrante d’émotions. Distillant ses dialogues et ses effets avec parcimonie, le réalisateur signe un long-métrage qui traite, avec une pudeur délicate, de solitude et du temps qui passe, au sein d’une intériorité métaphorique. Un chef-d’oeuvre.

https://youtu.be/RFCM_s45uHI

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here