Arm, le rappeur rennais, et le producteur électro morlaisien Tepr, ont publié leur premier album commun le 15 avril dernier. Psaumes, composé de 8 titres, exprime un rap que les artistes ont voulu puissant tout en restant minimaliste.

Une collaboration de l’instant

Arm laisse définitivement les productions rock, boom bap, parfois classiques de son ancien groupe Psykick Lyrikah, qui s’est formé en 2003, regroupant des artistes rennais, et s’est officiellement séparé en 2015.

Tepr est un ancien membre du groupe Abstrackt Keal Agram. Il est connu notamment pour avoir remixé des chansons de Yelle, Stuck in the sound… Mais également pour une mise en son de Hamlet, la célèbre pièce de Shakespeare, et pour avoir accompagné Woodkid sur scène.

Cette collaboration semble ponctuelle. Ils ont eu envie de faire cet album, gardant chacun leur part de responsabilité. C’est une envie de l’instant, sans chercher à créer un projet de carrière commune. Pour appuyer le caractère éphémère de la chose, ils pensaient au départ ne faire aucun concert, aucune interview ni photo de presse.

Un rap franc et décomplexé

Le public qui n’est pas habitué au rap semble plus réceptif. Ceux qui ont un penchant pour le rock ou la pop, tout en étant curieux des autres genres, ont l’habitude de textes plus denses, plus opaques et moins crus que les textes que l’on trouve dans le rap généralement.

Ils arrivent à un âge où ils se connaissent bien, où ils savent exactement ce qu’ils veulent faire de leur musique, ce qu’ils veulent transmettre sans chercher forcément à répondre aux attentes des autres, et plus particulièrement du public. C’est avant tout un album sincère, où s’expose une vision réaliste du monde, mêlant fuite et survie, dans un monde brutal mais jamais sans espoir. Arm semble introspectif et en même temps universel dans ses textes, bien qu’il reste toujours franc et sans détours.

Psaumes nous offre tout de même un peu de douceur, notamment dans les titres Sur le ciel, et La nuit, des titres décomplexés dont ils sont particulièrement fiers. Mais aussi partiellement avec des instruments classiques dispersés dans les différents morceaux : une harpe dans L’opposé, un piano dans Chaque soir.

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Une alchimie évidente

Psaumes, le titre éponyme, est le premier qu’ils aient écrit et composé. Leur créativité est instantanée : alors que Tepr travaille encore sur ses productions, Arm s’inspire du chantier pour écrire. Ce dernier confiait dans une interview qu’ « aborder un changement, une nouveauté, avec une vielle connaissance, un ami et collaborateur de longue date, est à la fois paradoxal et évident ».

C’est cette alchimie, sans doute, qui a permis de créer une telle cohésion : les productions collent parfaitement avec la voix et le flow grave du rappeur. Entre les basses lourdes et les paroles poignantes, une dureté qui aurait pu vite étouffer les auditeurs si chaque titre n’avait pas été si différent. Le duo reste en marge de la scène rap française, avec une écriture littéraire, métaphorique mais claire, et des accompagnements électro, parfois pop, et futuristes. On n’échappera tout de même pas à l’essor actuel du vocodeur : c’est artificiel, mais c’est propre.

Des influences communes

La production de Tu sais n’est pas sans rappeler certains titres de l’album Ténébreuse Musique, d’Alkpote et Butter Bullets. Avec un peu plus de délicatesse dans les paroles.

Seules images de Psaumes, le clip de La nuit, un visuel rappelant le clip de Marcus Foster – I Was Broken – bien que les deux musiques soient très différentes. En effet Marcus Foster est un chanteur de pop rock, et non de rap. Les deux clips sont en noir et blanc, représentant tour à tour des paysages ruraux ou urbains, et le portrait d’une femme imprégnée de transparence.

https://www.youtube.com/watch?v=wMaMLfWJ5Uk

 

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