Avec Peter Punk au pays des merveilles, Danü Danquigny, l’auteur montréalais spécialiste de psychocriminologie, entraîne une nouvelle fois le lecteur dans une enquête palpable avec un héros déchu et un regard tranchant sur notre société actuelle.

Alors qu’il profite de ses premiers instants de liberté après avoir été incarcéré, Desmund Sasse, alias Peter Punk, est arrêté pour un crime dont il ne connaît, aux premiers abords, ni l’origine, ni la victime. L’étau va se resserrer quand il va en apprendre davantage et découvrir le lien qui le lie à cette affaire.

Libéré, délivré

Bien décidé à faire profil bas et à repartir du bon pied dans la vie, Desmund Sasse se jure de ne pas retourner en prison et de filer droit : « Cette fois mon vieux, pour de bon, tu te tiens à carreaux. Terminé les conneries, les coups de sang, les coups de gnôle, les coups de main aux copains. (…) Cent quatre-vingt-trois putains de jours, autant de nuits, t’as eu le temps d’y penser. Tu laisses tomber, tu rentres chez toi, tu te changes, tu cherches du boulot et tu retournes à ton existence minable et anonyme. »

Malheureusement pour notre héros, rien ne va se passer comme prévu, et ce, malgré ses bonnes intentions. A peine sorti, Desmund, à sa grande surprise, est arrêté : « Desmund Sasse, je suis le lieutenant Monigote, du SRPJ. Il est midi dix-sept et, à compter de cet instant, vous êtes placé en garde à vue. Vous avez le droit de garder le silence, vous pouvez vous faire assister d’un avocat… »

Coincé en garde à vue avec cet inspecteur décidé à ne rien laissé passer, Desmund se remémore ses camarades de fac et son ami d’enfance maintenant avocat : Simon. Comme tous les étudiants, ils ont fait les quatre cents coups, mais seul lui a vrillé et a fini en prison. Simon a une bonne réputation dans le secteur et ne tardera pas à libérer Desmund de cette mauvaise passe :

« C’est un des trucs de Simon, il ne demande jamais à ses clients « qu’est-ce que vous avez fait ? ». La procédure, pour lui, c’est un casse-tête à résoudre, et son boulot consiste à battre ceux qui la montent. -Je ne suis pas certain. Apparemment, je suis complice de meurtre. (…) J’aurais eu des échanges téléphoniques, avec un type que je connais pas, Richard Merle. Il émet un long sifflement aigu qui me vrille les tympans. – Desmund, nom de dieu, tu t’es bien mis dedans, là. »

Le Pays des Merveilles

Suite à ses échanges avec Simon, Desmund se rend compte qu’il a bel et bien connu un Richard Merle, mais il y a de cela bien longtemps. Expliquer qu’il n’y est pour rien dans cette affaire est peine perdue. Au vu de son casier judiciaire, les policiers le considère déjà coupable. Cependant, sans preuves concrètes, ils ne peuvent rien faire et Desmund est relâché.

Piqué au vif par cette histoire, Desmund va fouiller dans la vie de Merle pour comprendre le pourquoi du comment : « Boîte vocale, message archivé n°5. C’est toujours moi [Richard Merle]. Je savais que mettre mon nez dans là-dedans c’était aller au-devant des emmerdes, mais ne rien faire, ça me laissait l’impression de participer à un truc dégueulasse. (…) Alors j’ai loué une petite piaule pas loin du Pays des Merveilles… »

Au fur et à mesure des indices qu’il récolte, Desmund se lance dans une mission délicate qui va lui attirer de nombreux ennuis. En s’approchant trop près du feu, on finit par s’y brûler, et c’est exactement ce qui attend Desmund…

Après un titre très remarqué (Les Aigles endormis), Danü Danquigny signe avec Peter Punk au Pays des Merveilles un roman noir où les magouilles règnent et sèment la pagaille dans un univers à la fois édulcoré et sombre. Un subtil jeu de nuances et une intrigue bien ficelée.