Louise a 25 ans lorsqu’elle part, seule, en Italie. Elle va travailler à Gènes dans un centre d’accueil pour mineurs non accompagnés. Un témoignage poignant et brûlant de vie. 

Dans ce récit documentaire, Louise Mottier raconte sa vie auprès des mineurs venus de tous les pays du globe pour fuir la guerre, la pauvreté, les souffrances. Chacun vient avec son histoire, son bagage culturel et ses traditions mais ils vivent ensemble au sein du centre où Louise travaille jour et nuit, parfois.

Une aventure humaine

Ce que Louise Mottier raconte avant d’être son histoire, c’est celles des jeunes dont elle s’occupe. Avec pudeur et bienveillance, elle dévoile des bribes de l’histoire de ces mineurs. Il y a ceux qui sont venus à pieds, ceux qui ont pris les terribles bateaux. Il y a ceux qui parlent de leurs familles, où qu’elles soient puis ceux qui sont mutiques.

« Eduquer, ce serait alors un peu comme faire un bout de chemin à leurs côtés en sachant qu’on a un temps limité. Eclairer, guider, accompagner. Tenter de semer des fleurs sur leurs chemins de graviers. » 

Dans ce récit, on suit Lorik, Alji, Ahmed, Yobo, Bakaye et tant d’autres qui ont fui l’Albanie, le Mali, le Congo ou encore la Mauritanie. Ce sont des mondes qui se percutent, mais ce sont surtout des souffrances qui se font face. Des souffrances auxquelles sont confrontés les éducateurs tous les jours et qu’il faut tenter d’apaiser. Un défi quotidien que Louise Mottier raconte. Elle écrit ses réflexions, ses doutes et comment cette aventure la change.

Des moments de vie

Ce sont aussi les sorties à la plage, aux parcs aquatiques, les sorties des jeunes. Ces mineurs qui vivent leur vie adolescente, à l’école, avec leurs amis, comme des adolescents normaux en dehors du centre. Mais la vie n’est pas facile pour tous, il y a ceux qui sont mutiques, ceux qui sont violents car ils ont vécu le pire, puis il y a les départs des majeurs.

« Heureusement, la belle saison suit son cours, les jeunes ont terminé l’école et nos journées comportent davantage de temps de loisirs. L’administration prend des vacances, et nous aussi… Un dimanche, avec l’un de mes collègues, nous les emmenons tous découvrir une ville des environs et participer à un tournoi de beach-volley »

Louise Mottier dresse un portrait assez exhaustif mais très sensible de la vie dans ce centre. Puis c’est la crise du covid qui bouleverse tout. La vie renfermé dans le centre et puis c’est son départ après deux années passées auprès de ces jeunes.

Les Conquérants est un court roman sur la force de ces jeunes qui ont traversé les continents pour une vie meilleure. Louise Mottier décrit avec sensibilité et poésie le destin hors normes de ces jeunes.

« Les conquérants », Louise Mottier, Editions Hors d’atteintes, 188 pages, 17€