Sébastien Le Jean signe un thriller écologique et politique au cœur du monde des survivalistes et des grandes fortunes. 

Au même moment où en région parisienne est assassiné un PDG très puissant dans un bunker aux allures de palaces sur-protégés, en région lyonnaise un jeune militant écologiste est lui-même retrouvé mort. Quel est le lien entre ces deux meurtres qui semblent sans rapport aux premiers abords ?

L’affaire est confiée à Paris au commandant Ronan Sénéchal, jeune papa et brillant commandant, à Lyon, c’est la capitaine chevronnée Irina Kowalski qui va écoper de l’affaire. Au-delà de l’enquête, c’est la vie des deux enquêteurs qui va basculer.

Une enquête palpitante

Sébastien Le Jean mêle à merveille l’intrigue politique et le suspens du polar dans ce roman sur fond écologiste. Ronan Sénéchal gère d’une main d’acier sa brigade, ce commandant qui semble imperturbable va découvrir un nouveau monde avec ce crime : les survivalistes et la théorie de l’effondrement. Quant à Irina, cette démission qu’elle voulait déposer, elle la garde de côté afin de rendre justice à Nicolas.

« Certes l’humanité était confrontée à des défis hors du commun, peut-être même jouait-elle sa survie. Mais elle était certaine d’une chose. Même si notre avenir collectif était sombre, il méritait que l’on se batte pour lui. »

Ce polar raconte la folie des fortunes de notre monde qui, pour fuir l’effondrement du monde, crée des programmes immobiliers mais aussi scientifiques pour le fuir. Dans ce roman, qui joue sur l’effondrement écologique, c’est aussi l’effondrement de la stratégie mise en place par ces magnats pour survivre. Qui est derrière ce projet secret nommé « Rainmaker » ? En quoi consiste-t-il ? Pourquoi assassine-t-on ceux qui vivent dans ces bunkers ?

« Concrètement ils peuvent faire pleuvoir où ils veulent, quand ils veulent. Ils peuvent déclencher le déluge si ça leur chante ! Ou bien empêcher de pleuvoir. Ils peuvent prendre le contrôle du climat. Ils peuvent changer le monde ! »

Peu à peu, en grattant la surface, les deux enquêteurs vont se trouver et surtout trouver les horreurs que cachent ces bunkers et cette école de survie dont faisait partie la victime lyonnaise.

Un plaidoyer écologiste

La théorie de l’effondrement est l’idée que l’homme ayant détruit durablement son habitat naturel, celui-ci se retourne contre lui, entraînant la chute de notre société post-industrielle. Aucun homme ni aucune société ne pourra échapper à des catastrophes naturelles, des explosions de centrales nucléaire ou encore la disparation de ressources naturelles.

« Des cathédrales de métal. Des cuves gigantesques. Des torchères à perte de vue. Irina regardait le paysage défiler. La vallée de la chimie, le long de l’autoroute A7, au sud de Lyon, était connue dans toute la vallée pour ses sites Seveso concentrés en zone urbaine. Autant de volcans prêts à entrer en éruption. »

A travers ses personnages, Sébastien Le Jean met en garde contre le réchauffement climatique et la disparation progressive de la biodiversité. Il critique aussi notre société où les riches PDG peuvent déjà réserver des vols d’avions privés pour se cacher en cas d’effondrement.

A leurs dépends, les personnages vont apprendre ce que la société va faire d’eux si l’humain ne s’arrête pas.

Un exaltant thriller français sur la question urgente du réchauffement climatique.

« Le grand effondrement », Sébastien Le Jean, Editions Liana Levi, 408 pages, 22€