L’histoire débute dans le confessionnal d’un hôpital, deux hommes reçoivent une femme, mère d’une jeune adolescente de 17 ans, qui vient de décéder. « Les hyènes », comme on les surnomme, ont quelques heures pour lui faire signer un formulaire pour le don d’organes. Une procédure qui se révèle être une mécanique routinière pour ces deux individus. Mais pas cette fois-ci. Le narrateur est au bout du rouleau. Depuis le décès de sa femme, il tente de survivre pour son bébé de vingt-et-un-mois. Seul, abandonné, après des déceptions accumulées, il souhaite quitter son travail, et le reste.

L’auteur nous entraine dans l’obscurité profonde d’un personnage qui touche le fond après la disparition de sa femme. Les petites choses sombres de son quotidien prennent une place exacerbée. Hostile, horripilant, son univers le mène au bord du précipice. Ce trop plein d’exaspération marginalise le personnage et le coupe du monde des vivants. Sans cesse, il compare cette femme, qui vient de perdre sa jeune fille, à sa propre fille, seulement âgé de quelques mois.

L’auteur, Philippe Claudel, livre ici un émouvant témoignage sur les prélèvements et les greffes d’organe. La cadre spacio-temporel est respecté à la lettre par l’auteur : le confessionnal, l’unité du temps qui est de deux heures et l’action, recueillir une autorisation de prélèvements d’organe.

Un livre poignant, cru et déchainé !

   

  

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