Quinze ans après sa première monographie à la Halle Saint Pierre, le plasticien et metteur en scène Gilbert Peyre revient avec un spectacle performance où les objets s’expriment. Une exposition à découvrir jusqu’au 26 février 2017.

Il y a de fortes chances pour que vous ayez déjà fait la rencontre des œuvres mécaniques de Gilbert Peyre. Peut-être au détour de la Fiac, à la Fondation Cartier, aux différentes éditions d’Hey! Modern art & Pop Culture ou même plus récemment au sein de l’exposition Persona au Quai Branly. C’est ce genre d’œuvre qui retient tout de suite l’attention au cours d’une visite ; on marche tranquillement lorsque soudain s’anime une installation. Des bruits de mécanisme, des rouages en mouvement, une voix d’enfant qui rigole ou encore des membres de fer s’articulant dans tous les sens. C’est à ce moment que l’on s’arrête, ahuri, les yeux grands ouverts et le sourire au coin des lèvres. Que se passe-t-il ? Quelles sont ces étranges créatures ? Vous venez de pénétrer dans l’univers farfelu de l’incroyable Gilbert Peyre.

© Gilbert Peyre, Tête Poupée
© Gilbert Peyre, Tête Poupée

Gilbert Peyre, l’électromécanomaniaque

Après sa première monographie à la Halle Saint Pierre qui a eu lieu en 2000, Gilbert Peyre revient avec un spectacle-performance hypnotique. Située entre installation, spectacle vivant et art contemporain, l’œuvre de l’artiste a de quoi surprendre. Les machines s’actionnent une à une pour nous dévoiler un bal de sons et de mouvements, parfois lugubres, mais toujours sur fond de poésie. On se ballade dans le premier étage de cette exposition comme en pleine fête foraine au début du XXème siècle, avec ses mécanismes un peu rouillés et ses musiques chancelantes. Un ancien tricyle d’enfant fait le tour de cet espace tandis qu’une chanteuse espagnole faite de bric et de broc danse le flamenco. L’humour burlesque de Gilbert Peyre n’est jamais bien loin dans cette cacophonie joyeuse, comme avec cette œuvre intitulée « L’aquarium » où les boites de sardine ont remplacé les poissons.

© Gilbert Peyre, Et il créa la femme, 1996
© Gilbert Peyre, Et il créa la femme, 1996

De la fête foraine à la scène de théâtre

Au deuxième étage, nous passons de la fête foraine à la scène de théâtre, avec en guise de rideau rouge une danse langoureuse entre deux vêtements. C’est un peu plus loin parmi d’autres œuvres de Gilbert Peyre que la pièce commence. Il s’agit ici d’une reconstitution de chambre ; une penderie se trouve au milieu et des objets et vêtements sont parsemés ici et là. Une mise en place qui donne l’impression d’être directement tirée du mouvement Dada. Lorsque le mécanisme de la machine est enclenché, silence, car le spectacle va commencer. Les vêtements se déplacent, l’armoire se secoue dans tous les sens, une chaise avance toute seule sur ses quatre pieds, un poupon crache du feu … Durant plusieurs minutes, c’est un spectacle funèbre mais joyeux qui se joue devant nos yeux. Les objets prennent littéralement vie dans une époustouflante chorégraphie.

© Gilbert Peyre, Un lapin blanc, 1998-2000
© Gilbert Peyre, Un lapin blanc, 1998-2000

Gilbert Peyre nous livre à la Halle Saint Pierre une exposition vivante, drôle et poétique où chaque installation saura surprendre votre regard. Des œuvres qui peuvent parfois paraître étranges mais qui, une fois en mouvement, dégagent une incroyable esthétique. Une belle folie mécanique.


Gilbert Peyre, l’électromécanomaniaque
Jusqu’au 26 février 2017
La Halle Saint Pierre
2 rue Ronsard 75018 Paris

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